
Trump ouvre les 250 ans des États-Unis par un discours de campagne
Le président a transformé la cérémonie d’ouverture de la « Great American State Fair » en meeting politique, suscitant des retraits d’artistes et des critiques sur la politisation de l’événement.
Le président Donald Trump a lancé mercredi 24 juin sur le National Mall de Washington les seize jours de festivités marquant le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Devant une foule de partisans réunie pour l’ouverture de la « Great American State Fair », il a prononcé un discours d’une trentaine de minutes dont le ton et le contenu ont été perçus, selon de nombreux médias nord-américains et européens, comme ceux d’un meeting de campagne plutôt que d’une commémoration nationale. Plusieurs artistes initialement programmés, dont les Commodores, Martina McBride et Young MC, s’étaient retirés de l’événement, invoquant des préoccupations liées à sa dimension partisane. Le président a alors annoncé qu’il serait lui-même la tête d’affiche, promettant une affluence supérieure à celle d’Elvis Presley.
Le discours a mêlé célébration patriotique et bilan de l’administration. M. Trump a déclaré que « l’Amérique est de retour », affirmant que le pays, « mort il y a peu de temps », est désormais « le plus en vogue du monde ». Il a évoqué l’accord préliminaire avec l’Iran, la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, et a attaqué le bilan de son prédécesseur Joe Biden, qualifié de « désastre total ». Des références aux politiques migratoires, à l’interdiction des personnes transgenres dans les sports féminins et aux travaux de rénovation de la capitale ont également émaillé son intervention. La presse américaine conservatrice, comme Fox News, a salué un discours mettant en avant les succès du président, tandis que des titres comme The Atlantic ou The Independent ont souligné le caractère clivant d’une allocution centrée sur la personne du président plutôt que sur l’unité nationale.
La foire, organisée par le partenariat public-privé Freedom 250 créé par décret présidentiel, se déroule parallèlement aux initiatives de l’entité bipartisane America250 instituée par le Congrès. Elle propose jusqu’au 10 juillet des pavillons des cinquante États et six territoires, des démonstrations militaires, une grande roue et un carrousel restauré. Sept États dirigés par des démocrates ont annoncé leur non-participation, dénonçant une récupération politique. En Europe, des commentateurs en Allemagne, en Italie et en Espagne ont relevé que le président avait utilisé l’anniversaire de la république fondée contre la monarchie britannique pour se mettre en scène, certains évoquant une « auto-célébration ».
La célébration a également été marquée par la controverse autour du Reflecting Pool du Lincoln Memorial. Rénové pour 14 millions de dollars avec un revêtement bleu, le bassin a viré au vert en raison d’une prolifération d’algues et d’un décollement de la peinture. M. Trump a attribué ces dégradations à des « vandales » et annoncé des arrestations, tandis que des documents administratifs consultés par la presse américaine indiquaient des défaillances techniques antérieures. Les prochaines étapes des célébrations incluent un feu d’artifice présenté comme le plus grand de l’histoire le 4 juillet, les « Patriot Games » en août et un Grand Prix automobile dans la capitale, autant d’événements dont l’organisation reste supervisée par la Maison Blanche.
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Le 250e anniversaire des États-Unis s'est ouvert par un discours qui ressemblait davantage à un meeting de campagne qu'à une cérémonie officielle. Le président a détourné l'occasion historique pour promouvoir sa marque politique, mêlant rhétorique patriotique et slogans personnels. Les observateurs ont noté le ton modéré mais le cadrage partisan indéniable de l'événement.
Le président a confisqué le 250e anniversaire de la nation, transformant une commémoration solennelle en spectacle partisan. Avec le retrait d'artistes et le détournement de fonds publics, l'événement est devenu un meeting pour son mouvement politique plutôt qu'une célébration fédératrice. Les critiques avertissent que cela érode la frontière entre cérémonie d'État et glorification personnelle.
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