
Syrie : la nouvelle Assemblée du peuple ouvre une transition sous haute surveillance
Sous la présidence d’Ahmed al-Charaa, le parlement intérimaire a tenu sa première séance, une étape clé du processus politique syrien, contesté par des voix critiques pour son déficit de représentation directe.
Le 12 juillet 2026, l’Assemblée du peuple syrienne a ouvert sa première session depuis la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024. En présence du président de transition, Ahmed al-Charaa, les 206 députés présents – sur 210 prévus – ont prêté serment et élu à leur tête Abdel Hamid al-Awak, juriste et ancien membre de la commission de rédaction du projet de déclaration constitutionnelle. Cette mise en place du pouvoir législatif transitoire s’inscrit dans le cadre d’une période de cinq ans définie par un éphémère texte constitutionnel adopté en mars 2025, et doit aboutir à la rédaction d’une Constitution permanente et à l’organisation d’élections.
Dans son discours inaugural, Ahmed al-Charaa a appelé les élus à faire de cette institution un « modèle de responsabilité et de compétence », insistant sur la nécessaire reconstruction de l’État syrien après des années de guerre. Selon le récit porté par les autorités de Damas, reflété dans les déclarations du président de la commission électorale, cette séance « historique » symbolise les sacrifices du peuple syrien. Toutefois, pour de nombreuses organisations de défense des droits humains syriennes et des analystes basés dans les capitales européennes, le mode de désignation de cette assemblée jette une ombre sur sa légitimité. Les deux tiers des membres ont en effet été élus au suffrage indirect par des collèges électoraux nommés par le président, tandis que le tiers restant a été directement choisi par décret présidentiel, un processus perçu comme verrouillé.
La composition de la nouvelle chambre illustre les fractures persistantes. Si la présence de 21 femmes (environ 10 %) marque une légère progression, notamment grâce aux nominations, la sous-représentation des minorités demeure prégnante. Aucun député n’a été désigné pour le gouvernorat druze de Soueïda, toujours secoué par des violences communautaires. Les Kurdes ne comptent que huit représentants, tandis que chrétiens et alaouites disposent de quelques sièges. L’envoyé adjoint de l’ONU pour la Syrie a salué une étape importante tout en exhortant à ce que toutes les institutions reflètent la diversité du pays, un appel qui trouve un écho à travers les chancelleries occidentales attentives à l’inclusivité de la transition syrienne.
Selon des experts turcs et du Machrek, ce Parlement, loin d’être l’émanation d’une vie politique plurielle, est le produit des réseaux d’opposition et des factions armées forgées depuis 2011. Le cadre constitutionnel provisoire maintient le président al-Charaa au centre du jeu, avec une capacité à renouveler un tiers des élus et à influencer la Cour constitutionnelle. La prochaine séance est annoncée pour le 26 juillet, alors que le flou demeure sur la capacité de cette assemblée à dépasser le cadre d’une transition contrôlée pour poser les jalons d’une réconciliation nationale durable.
| Presse du Golfe arabe | +0.80 | aligned |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | −0.30 | critical |
We hail the first session of the transitional parliament as the dawn of a new era. President Sharaa is right: Syria writes a glorious history.
Amplifies the leader's words uncritically, creating an aura of unanimous consensus around the new course.
Omits the parliament's limited powers and transition challenges, such as lack of independence and public trust.
The parliament has met, but its powers are limited. The transition is a still-fragile process to be observed with caution.
Frames the event in institutional terms, balancing the positive fact with reservations about the new body's limits.
Omits both the triumphant rhetoric of the regime and substantive criticisms about lack of independence.
The new assembly must prove its independence and ability to gain public trust. Structural challenges remain enormous.
Adopts an analytical perspective focused on institutional shortcomings, presenting the event as a test for the new system's credibility.
Omits Sharaa's triumphant statements and the Arab press consensus on the transition's success.
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