
Sous la glace de l’Antarctique, un bassin géant redessine l’histoire du Gondwana
La découverte d’une structure géologique en éventail sous la calotte orientale éclaire la fragmentation du supercontinent et la formation précoce des glaces, il y a 34 millions d’années.
Une équipe internationale de chercheurs a identifié, sous plus de trois kilomètres de glace en Antarctique oriental, un vaste système de bassins disposés en éventail, baptisé East Antarctic Fan-Shaped Basin Province. Publiée dans Nature Geoscience, cette cartographie du socle rocheux, obtenue par croisement de données radar, gravimétriques et sismiques, révèle que les bassins de Wilkes, d’Aurora et du lac Vostok ne sont pas des entités isolées, mais les fragments d’une unique structure tectonique à l’échelle continentale. Cette configuration modifie la lecture de la stabilité géologique de la région, longtemps considérée comme un craton inerte.
La formation de cet éventail est attribuée à un processus d’extension rotationnelle distribuée, intervenu lors de la dislocation du Gondwana. Il y a environ 180 millions d’années, la croûte continentale s’est étirée à partir d’un point d’ancrage proche du pôle Sud, ouvrant des dépressions en forme de V. Les chercheurs estiment que cet amincissement crustal a pu faciliter la séparation ultérieure entre l’Antarctique et l’Australie, achevée voici 70 millions d’années. Parallèlement, une étude parue dans Science montre que des ondes du manteau, perturbations lentes déclenchées par la fragmentation de l’Afrique et de l’Antarctique, ont soulevé les montagnes Gamburtsev et porté le plateau oriental au-dessus du seuil d’altitude critique de 1 500 à 2 000 mètres, permettant l’englaciation dès la transition Éocène-Oligocène, il y a 34 millions d’années, alors que les températures globales dépassaient de 5 °C les valeurs actuelles.
Ces paysages aujourd’hui enfouis ont connu un passé tempéré. Une vertèbre de titanosaure, conservée durant des décennies dans les collections du British Antarctic Survey avant d’être identifiée comme le premier dinosaure jamais découvert sur le continent, atteste qu’il y a 82 millions d’années l’Antarctique était couvert de forêts denses, relié à l’Amérique du Sud et à l’Australie. Les analyses, publiées dans Acta Palaeontologica Polonica, confirment que des sauropodes à long cou migraient à travers ce pont continental, tandis que des expériences menées à Taïwan sur des nids d’oviraptors suggèrent que certains dinosaures utilisaient la chaleur solaire pour incuber leurs œufs, une stratégie adaptée à des climats plus chauds.
La désintégration récente de l’iceberg A23a, surveillée par les satellites Copernicus Sentinel-3 et Terra de la NASA, rappelle la vulnérabilité actuelle de la cryosphère. Détaché en 1986, ce bloc de près de 3 900 kilomètres carrés est resté ancré trente ans avant de dériver et de se fracturer dans l’Atlantique Sud, libérant d’importants volumes d’eau douce. Les observations montrent que la topographie héritée du Gondwana influence encore la dynamique des glaces : les bassins profonds canalisent l’écoulement des glaciers et déterminent les zones de fonte accélérée. Les prochaines campagnes de forage et de modélisation viseront à préciser comment cette architecture souterraine pourrait amplifier ou freiner la perte de masse de la calotte dans un climat en réchauffement.
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New Antarctic discoveries are met with a mix of curiosity and caution: climate implications for South America are highlighted, but without alarmism. The focus remains on local consequences rather than global scientific value.
India sees Antarctica as a common good threatened by exploitation: the new discoveries reveal resources that could trigger a race, while climate change accelerates ice melt. The tone is critical of powers that ignore treaties.
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