
Soufflé brûlé et confessions : « The Invite », huis clos conjugal sous influence espagnole
Adapté d’une pièce catalane déjà déclinée en plusieurs langues, le film d’Olivia Wilde réunit Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton autour d’un dîner où les non-dits conjugaux éclatent en volées de bois vert.
Le soufflé est raté. Dans la cuisine d’un appartement cossu de San Francisco, Angela (Olivia Wilde) précipite le plat carbonisé dans la poubelle tandis que son mari Joe (Seth Rogen) fulmine. Les voisins du dessus, ce couple dont les ébats nocturnes les empêchent de dormir depuis des semaines, viennent de sonner à la porte. Pour détendre l’atmosphère, Angela propose du jambon en entrée. Sourire crispé de Pina (Penélope Cruz) : elle est végétarienne. Et ce n’est pas du jambon, rectifie Joe. La soirée commence à peine, et déjà la comédie de mœurs vire au champ de mines. Cette scène d’ouverture, rapportée par la presse australienne, donne le ton de « The Invite », cinquième adaptation d’une pièce du dramaturge catalan Cesc Gay, déjà portée à l’écran en Espagne sous le titre « Sentimental ».
Le film, réalisé et interprété par Olivia Wilde, enferme deux couples dans un salon le temps d’un dîner qui se mue en séance de thérapie sauvage. Joe, ancien rockeur reconverti en professeur de musique, et Angela, mère au foyer, traînent une lassitude conjugale que chaque réplique écorche un peu plus. Face à eux, Hawk (Edward Norton), ex-pompier, et Pina, sexologue, affichent une sensualité désarmante et une liberté de ton qui exacerbe les frustrations de leurs hôtes. Très vite, les secrets s’égrènent, les masques tombent, et l’on découvre, comme l’a confié Edward Norton à un média brésilien, que le couple d’en haut n’est pas qu’une caricature de bohème : tous deux ont traversé des deuils et des divorces avant de choisir une vie amoureuse ouverte, « quelque chose de plus philosophique, de plus spirituel ».
Le matériau original doit beaucoup à la tradition du théâtre de boulevard européen, où l’espace clos exacerbe les vérités inavouables. La critique russe y voit une réflexion sur le lien entre sexe et fantasme, rappelant que le film, dépourvu de toute scène érotique, ne parle que de désir par le dialogue. L’épigraphe, empruntée à Oscar Wilde — « Il faut toujours être amoureux. C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais se marier » — plane sur ce huis clos comme un avertissement ironique. La presse indienne, elle, évoque l’ombre de « Qui a peur de Virginia Woolf ? » et du « Carnage » de Polanski, tout en regrettant que l’intrusion d’un registre thérapeutique atténue la férocité de l’ensemble.
Dans les salles brésiliennes, où le long-métrage est sorti sous le titre « O Convite », l’accueil a été chaleureux : un quotidien de São Paulo parle de l’une des comédies les plus intelligentes de l’année, capable de faire rire et réfléchir, surtout les spectateurs mariés. En Australie, on salue le retour d’une comédie adulte américaine, loin des franchises de super-héros, et l’on souligne la justesse de Seth Rogen, dont le personnage incarne avec une touchante maladresse la déception et l’émerveillement face à la voisine espagnole. Partout, le film est perçu comme une parenthèse légère mais acérée, qui ne prétend pas à la puissance dévastatrice d’un « Marriage Story », mais qui, selon les mots d’un critique australien, se montre « drôle, vif et sage ».
Au petit matin, le dîner s’achève sur un renversement : ce sont les hôtes qui reçoivent une invitation, celle de repenser leur couple. Sur la table, le flan apporté par Pina — ce dessert qu’elle prétendait fuir à cause du sucre — trône encore, à moitié entamé. Un détail sucré et mensonger, à l’image de cette nuit où chacun aura goûté à l’interdit sans jamais tout à fait l’avouer.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.50 | aligned |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | +0.70 | aligned |
| Presse russe et CEI | −0.30 | critical |
The film is a delicious comedy to be savoured; a must-watch for anyone who appreciates sharp humour.
By using superlatives and emphasizing the universal appeal of the comedy, the review makes the film seem like an essential experience.
It omits any criticism of the film's predictability or lack of originality, which the Russian press highlights.
The film is one of the year's smartest comedies, blending laughter and tears; it offers a profound look at relationships.
By highlighting the film's intelligence and philosophical depth, the review elevates it beyond mere entertainment.
It omits the fact that the film is an adaptation of a Spanish play and that the theme is not new, as noted by the Russian press.
The film is just another tired story about a bored couple; the noisy neighbors are more interesting.
By focusing on the cliché theme and using ironic language, the review diminishes the film's originality.
It omits the positive reviews and emotional depth that other outlets celebrate.
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