
La Corée du Sud lance un plan d’investissement de plus de 1 000 milliards de dollars dans les semi-conducteurs et l’IA
Samsung et SK Hynix construiront quatre usines dans le sud-ouest du pays, tandis que Séoul vise à doubler sa capacité de data centers d’ici 2035.
L’annonce, lundi 29, par le président sud-coréen Lee Jae-myung d’un plan d’investissement public-privé dépassant 1 000 milliards de dollars dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle a été immédiatement suivie d’un recul des titres Samsung Electronics (–4,8 %) et SK Hynix (–1,7 %) à la Bourse de Séoul. Ce paradoxe apparent reflète, selon des analyses relayées par Bloomberg, les interrogations des investisseurs sur la capacité des deux géants à maintenir leurs marges dans un contexte de concurrence accrue et d’augmentation rapide des capacités mondiales de production de puces mémoire.
Le projet prévoit la construction de quatre nouvelles usines de semi-conducteurs dans la région sud-ouest du pays, à Gwangju et dans la province de Jeolla du Sud, pour un montant de 800 000 milliards de wons (environ 518 milliards de dollars) apportés par Samsung, SK Hynix et leurs fournisseurs. Il s’accompagne d’un second volet, dévoilé par le ministre des Sciences, visant à porter la capacité nationale de data centers dédiés à l’IA de 8,4 à 18,4 gigawatts d’ici 2035, moyennant un investissement supplémentaire de 1 000 000 milliards de wons (650 milliards de dollars). L’objectif affiché est de créer un deuxième pôle de production de mémoires à large bande passante (HBM), composants indispensables aux processeurs d’IA, afin de soulager les complexes industriels saturés de la région de Séoul et de répondre à une demande mondiale qui dépasse déjà l’offre.
Le choix du sud-ouest, traditionnel bastion électoral du parti démocrate au pouvoir, est justifié par le gouvernement par la disponibilité d’énergie renouvelable et d’eau, ainsi que par la volonté de réduire les déséquilibres territoriaux. L’opposition y voit une manœuvre clientéliste, tandis que des experts sud-coréens en ingénierie des semi-conducteurs, cités par l’AFP, soulignent l’absence d’écosystème industriel dans cette région et la concentration de la main-d’œuvre qualifiée autour de la capitale. À l’échelle internationale, ce plan s’inscrit dans une compétition féroce : Taïwan, la Chine et les États-Unis accélèrent eux aussi leurs investissements dans les infrastructures d’IA, et les géants technologiques américains ont déjà annoncé plus de 650 milliards de dollars de dépenses cette année.
La mise en œuvre de ces méga-projets, qui s’étalera sur une décennie, dépendra de la capacité des autorités à accélérer les permis et à attirer les sous-traitants. Le gouvernement promet des délais d’approbation considérablement réduits. Parallèlement, SK Hynix a déposé une demande de cotation au Nasdaq en vue de lever 29 milliards de dollars, destinés notamment à financer ces nouvelles capacités. La prochaine étape concrète sera l’octroi des autorisations de construction et le lancement des premiers appels d’offres pour les infrastructures d’eau et d’électricité.
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