
Rubio en tournée dans le Golfe pour défendre l’accord préliminaire avec l’Iran
Le secrétaire d’État américain doit rassurer les monarchies du Golfe, inquiètes du fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars envisagé pour Téhéran et de l’absence de clauses sur les missiles balistiques.
Marco Rubio, secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, entame ce 23 juin une tournée de trois jours aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, où il rencontrera également les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ce déplacement, annoncé par le département d’État, vise à expliquer le mémorandum d’entente (MoU) signé la semaine dernière par Donald Trump avec l’Iran, qui ouvre un délai de soixante jours pour négocier un accord global. La sécurisation du transit dans le détroit d’Ormuz et la stabilité régionale figurent aussi à l’agenda.\n\nDans les capitales du Golfe, l’inquiétude se concentre sur la mention, dans le MoU, d’un plan de reconstruction de « 300 milliards de dollars au moins » pour l’Iran. Selon des responsables régionaux, les monarchies arabes redoutent que ces fonds ne servent à rebâtir les capacités militaires de Téhéran et à financer ses groupes affiliés, plutôt qu’au développement économique. L’absence de toute référence au programme de missiles balistiques iranien – qui a frappé plusieurs de ces États durant la guerre récente – accentue les réserves. Ces pays, qui accueillent les principales bases américaines de la région, conditionnent en partie la posture stratégique de Washington au Moyen-Orient.\n\nCôté américain, le vice-président J.D. Vance a dévoilé un mécanisme destiné à rassurer : en cas de dégel d’avoirs iraniens, Washington et Doha exerceraient un droit de regard pour orienter les dépenses vers des achats humanitaires, notamment de blé et de maïs américains. Cette proposition, attribuée à Jared Kushner, vise à garantir que l’argent « aille au peuple iranien et non au terrorisme », selon les termes de M. Vance. Pour l’heure, aucune monarchie du Golfe n’a indiqué si elle contribuerait au fonds de reconstruction, et Donald Trump avait auparavant affirmé que Téhéran ne recevrait « pas dix centimes » de Washington.\n\nLa tournée s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. Le MoU a été signé à Versailles en présence du président français Emmanuel Macron, soulignant une implication européenne. Parallèlement, des discussions techniques se poursuivent en Suisse sous médiation qatarie et pakistanaise. Les médias iraniens, comme l’agence Mehr News, présentent le déplacement de M. Rubio comme une mission de concertation sur le mémorandum et le détroit d’Ormuz, sans évoquer les préoccupations des voisins arabes. Le dossier reste ouvert : les échanges au CCG devraient préciser l’architecture financière et les garanties de sécurité, alors que le compte à rebours des soixante jours est déjà enclenché.
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La question centrale qui plane sur le voyage de Rubio dans le Golfe est de savoir qui financera l'énorme enveloppe de 300 milliards de dollars pour l'Iran. Les alliés du Golfe exigent des clarifications sur les avoirs gelés et les implications sécuritaires pour le détroit d'Ormuz, alors que l'accord préliminaire fait craindre un engagement coûteux et risqué.
La visite du secrétaire Rubio dans le Golfe se concentre sur le mémorandum d'entente avec l'Iran et la garantie d'un transit sûr par le détroit d'Ormuz. Ce déplacement est présenté comme un effort diplomatique de routine pour traiter les priorités régionales.
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