
Washington élargit ses sanctions contre Cuba aux secteurs minier, logistique et financier
Les États-Unis ont visé mardi cinq entités liées au conglomérat militaire GAESA et une proche de Raúl Castro, accentuant la pression sur une économie cubaine déjà asphyxiée.
Le département d’État américain a annoncé, le 23 juin, une nouvelle salve de sanctions contre cinq entreprises cubaines et Annalie Lilliam Rueda Cardero, épouse d’Alejandro Castro Espín – fils de l’ex-président Raúl Castro et ancien chef des services de renseignement, lui-même sanctionné début juin. Les entités visées comprennent trois piliers du Grupo de Administración Empresarial S.A. (GAESA), le conglomérat militaro-économique qui, selon Washington, contrôle près de 40 % du PIB de l’île : l’opérateur logistique et portuaire Almacenes Universales, la société financière Rafin et la banque commerciale Banco Financiero Internacional. S’y ajoutent deux acteurs des ressources naturelles, la société minière d’État GeoMinera et l’aciérie Empresa Siderúrgica José Martí, modernisée avec des fonds russes.
Pour le secrétaire d’État Marco Rubio, ces mesures, prises en vertu d’un décret présidentiel du 1er mai 2026, visent à tarir les revenus d’un « appareil de sécurité répressif » dont GAESA serait le « bras financier ». Il accuse les élites du « régime communiste corrompu, brutal et anti-américain » de détourner les ressources de l’île vers la répression et l’espionnage. La Havane, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez, a dénoncé un « crime » et un « châtiment collectif » infligé à la population, affirmant que Cuba s’est montrée « plus forte et plus efficace » que ne l’anticipait Washington. En contrepoint, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré que son pays souhaitait reprendre les livraisons de pétrole à Cuba par des canaux commerciaux privés, un geste présenté par plusieurs médias latino-américains comme un défi direct à l’administration Trump.
Les implications économiques sont immédiates. Almacenes Universales contrôle le trafic de conteneurs au port de Mariel, nœud stratégique pour les importations et les exportations cubaines ; Rafin et Banco Financiero Internacional traitent l’essentiel des transactions en devises avec les partenaires étrangers. D’après des analystes de l’Université de Miami, sanctionner ces entités revient à signaler aux investisseurs internationaux qu’opérer à Cuba expose à un risque de bannissement du système financier américain, ce qui pourrait désorganiser les flux de marchandises et aggraver les pénuries humanitaires. Le secteur minier n’est pas épargné : GeoMinera gère des coentreprises avec le négociant Trafigura et la firme australienne Antilles Gold, tandis que la presse asiatique relève que cette offensive minière intervient alors que Washington cherche à sécuriser des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques alternatives à la Chine.
Cette escalade s’inscrit dans une stratégie de pression continue depuis le début de l’année 2026. Dès janvier, un décret sur les droits de douane visant les pays fournissant du pétrole à Cuba avait provoqué une crise énergétique ; en mars, La Havane a été ajoutée à la liste des destinations interdites pour le carburant russe, entraînant le déroutage d’un pétrolier. Les sanctions de juin contre le président Miguel Díaz-Canel, le ministère de la Défense et les Comités de défense de la révolution avaient déjà marqué un durcissement. Cuba a réagi en annonçant 176 réformes économiques destinées à élargir le secteur privé et attirer les capitaux, mais la menace de sanctions secondaires brandie par Rubio – « toute personne fournissant des services à ces acteurs risque d’être sanctionnée » – maintient les investisseurs étrangers dans l’expectative. Le dossier reste ouvert, la prochaine étape concrète étant la mise en œuvre éventuelle des livraisons pétrolières mexicaines, qui testerait la portée extraterritoriale du dispositif américain.
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Les nouvelles sanctions américaines contre GAESA et la famille Castro constituent un nouveau coup porté à Cuba, aggravant la crise énergétique et s'apparentant à une punition collective de la population. L'administration américaine ignore les réformes économiques de l'île et maintient une politique d'asphyxie qui viole le droit international.
Les sanctions visent les entités génératrices de revenus pour le régime cubain, en particulier le conglomérat militaire GAESA qui contrôle des secteurs clés de l'économie. Le secrétaire d'État Marco Rubio a expliqué que ces mesures sont nécessaires pour empêcher le gouvernement d'utiliser ces ressources pour financer des activités répressives et de contrôle.
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