
Restructurations en Europe : banques et constructeurs ajustent leurs effectifs face à la concurrence et à l’automatisation
Santander négocie en Espagne un plan de préretraites sans objectif chiffré, tandis que Renault annonce 800 départs volontaires en France, deux stratégies qui illustrent la recomposition du marché du travail européen.
Deux grandes entreprises européennes, l’une bancaire, l’autre automobile, ont engagé cette semaine des discussions sur des réductions d’effectifs qui, sans recourir à des licenciements contraints, traduisent une pression commune : adapter les structures de coûts et les compétences à un environnement marqué par l’irruption de l’intelligence artificielle et la montée en puissance des constructeurs chinois. Banco Santander a ouvert des négociations avec les syndicats espagnols en vue d’un plan de préretraites volontaires, tandis que Renault a présenté aux partenaires sociaux français un plan de départs volontaires concernant 800 ingénieurs d’ici fin 2027.
Le mécanisme retenu par Santander repose sur une adhésion volontaire des deux parties, sans objectif quantifié de suppressions de postes, selon la direction. Les syndicats espagnols réclament des conditions améliorées par rapport au dernier plan de 2020, incluant des pourcentages de salaire brut progressifs dès 50 ans et le maintien des cotisations retraite. La presse économique madrilène évoque un potentiel de 2 000 à 3 000 départs, soit 10 à 15 % des effectifs espagnols, mais le groupe, qui a déjà réduit ses effectifs mondiaux de 14 000 personnes en deux ans, insiste sur l’absence de cible. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la banque anticipe plus d’un milliard d’euros d’économies et de revenus supplémentaires liés à l’IA d’ici 2028.
Du côté de Renault, la réorganisation de la division ingénierie vise à répondre à la concurrence des marques chinoises, dont la part de marché en Europe est passée de moins de 3 % en 2024 à 8,8 % fin mai 2025. Le constructeur prévoit 800 départs volontaires, principalement en Île-de-France, sur un total de 5 500 ingénieurs en France, tout en redéployant 500 salariés vers d’autres postes et en recrutant 150 à 200 profils spécialisés en logiciel, IA embarquée et électrification. La direction exclut les départs contraints et met en avant un plan de formation de 200 000 heures pour accompagner cette transition.
Ces annonces illustrent une tendance européenne plus large : les grands groupes privilégient les plans de départs volontaires et les préretraites pour ajuster leurs effectifs sans conflit social frontal, tout en internalisant les compétences critiques. En Espagne, Santander s’est par ailleurs engagé à freiner les fermetures d’agences jusqu’à la fin de l’année, alors que son réseau a déjà fondu de 1 607 unités en mars 2025 contre 3 433 dix ans plus tôt. En France, Renault maintient l’essentiel de son centre d’ingénierie dans l’Hexagone, mais adapte ses métiers à l’électrification et au logiciel.
Les prochaines étapes sont déjà balisées : les négociations entre Santander et les syndicats espagnols doivent se poursuivre jusqu’en juillet, tandis que le plan de Renault sera déployé progressivement jusqu’à fin 2027. Dans les deux cas, l’absence de licenciements secs n’efface pas la question de l’emploi à moyen terme, alors que l’automatisation et la pression concurrentielle redessinent les périmètres des grands groupes européens.
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Les entreprises européennes gèrent la mutation structurelle par des départs volontaires en préretraite et des réformes des retraites. L'accent est mis sur la compétitivité à long terme et le dialogue social, tandis que des propositions comme le modèle à quatre piliers visent à pérenniser les systèmes de retraite.
Les grands groupes européens recourent à des licenciements massifs déguisés en départs volontaires en préretraite, sous l'effet de l'intelligence artificielle et de la concurrence chinoise. Ce sont les travailleurs qui paient le prix de la restructuration, tandis que les syndicats négocient sans garanties solides.
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