
Rajoy refuse de s’excuser et accuse Madrid d’instrumentaliser la polémique sur l’équipe de France
L’ancien chef du gouvernement espagnol persiste après ses propos sur les Bleus, dénoncés comme racistes par Paris et par le gouvernement Sánchez, et y voit une manœuvre de diversion.
L’ancien président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a exclu toute excuse après avoir qualifié l’équipe de France de football de formation « sans Français », déclenchant une controverse diplomatique. Dans une nouvelle tribune publiée mardi soir, le dirigeant conservateur remercie ironiquement « les autorités pour l’attention qu’elles [lui] ont portée durant cette Coupe du monde » et déplore que « tant d’efforts consacrés à glorifier [s]es vertus les aient détournées d’autres questions qui importent aux Espagnols ». Il accuse implicitement le gouvernement de Pedro Sánchez d’utiliser l’affaire pour faire diversion face aux scandales de corruption qui fragilisent l’exécutif minoritaire.
La réaction française a été unanime dans la condamnation. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié les propos de « stupidité, racisme ou une combinaison des deux », rappelant que « la France n’a pas de couleur de peau ». Plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, ont dénoncé un « racisme méthodique et banalisé ». À gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a réaffirmé le caractère politique et non ethnique de la nation française. Ces condamnations s’inscrivent dans une tradition républicaine qui rejette les définitions essentialistes de l’identité nationale.
Du côté espagnol, le chef du gouvernement socialiste a saisi l’occasion pour opposer deux visions de l’appartenance. Pedro Sánchez a estimé que « certains mesurent encore l’appartenance au nom, au lieu de naissance ou à la couleur de peau », tandis que d’autres la fondent sur « l’enracinement dans un pays et la volonté d’y contribuer ». Il s’est dit « très honteux » lors d’un entretien avec le premier ministre français Sébastien Lecornu. Cette posture permet à l’exécutif de se poser en défenseur d’une Espagne inclusive, tout en mettant en difficulté le Parti populaire, principale formation d’opposition, déjà affaibli par ses divisions internes.
L’incident révèle les tensions persistantes autour des conceptions de la nation en Europe. Selon des observateurs ibériques, Rajoy instrumentalise à son tour le football pour raviver un clivage identitaire, dans un pays où les débats sur l’immigration et l’unité nationale restent vifs. La polémique intervient alors que l’Espagne s’est qualifiée pour la finale du Mondial, reléguant au second plan les appels à des excuses officielles. Aucune démarche diplomatique formelle n’a été annoncée, mais l’affaire a mis en lumière la sensibilité française sur la question de la diversité, régulièrement ravivée lors des compétitions sportives.
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.60 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
| Presse africaine subsaharienne | −0.30 | critical |
Rajoy répond avec ironie et détourne l'attention vers le gouvernement.
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