
Pression d’Apple pour contourner l’embargo américain sur les puces chinoises
Face à la flambée des coûts des mémoires, le groupe technologique négocie avec la Maison-Blanche un accès aux circuits d’une entreprise chinoise placée sur liste noire par le Pentagone.
Apple a engagé une campagne de lobbying auprès de l’administration Trump pour obtenir l’autorisation d’acheter des puces de mémoire à la société chinoise ChangXin Memory Technologies (CXMT), inscrite sur la liste noire du Pentagone en raison de ses liens présumés avec l’Armée populaire de libération. Cette démarche, révélée par le Financial Times, intervient alors que le géant californien a déjà répercuté sur ses clients une partie de l’envolée des prix des composants, entraînant des hausses de prix sur les MacBook et les iPad et une perte de capitalisation boursière de plusieurs centaines de milliards de dollars en une seule séance.
La pression s’exerce dans un marché mondial des semi-conducteurs où la demande en mémoires à large bande passante, dopée par les centres de données d’intelligence artificielle, crée une pénurie qui touche l’ensemble de l’électronique grand public. Apple, qui dépend aujourd’hui de l’américain Micron et des sud-coréens Samsung et SK Hynix, cherche à diversifier ses approvisionnements pour desserrer l’étau financier. Le cadre juridique n’interdit pas formellement de commercer avec CXMT, mais son inscription sur la liste 1260H fait peser un risque réputationnel que l’exécutif américain a récemment choisi de maintenir : en février, le Pentagone avait brièvement retiré CXMT et son compatriote YMTC de cette liste avant d’opérer un rétropédalage sous la pression de responsables de la Maison-Blanche.
Au Congrès, l’opposition républicaine se dresse déjà contre cette éventuelle coopération. Le représentant John Moolenaar, président du comité spécial sur la Chine, qualifie de « grave erreur » tout partenariat avec une entreprise jugée proche de l’armée chinoise, rappelant l’épisode de 2022 où Apple avait envisagé un contrat avec YMTC avant de reculer face aux mises en garde du sénateur Marco Rubio. Dans les capitales asiatiques et européennes, où la souveraineté technologique est devenue un axe stratégique, cette affaire illustre la collision frontale entre les impératifs industriels et les logiques de sécurité nationale. Les producteurs européens, qui investissent massivement dans leur propre capacité de fonderie, observent avec attention la marge de manœuvre qu’obtiendra ou non Apple.
La suite dépend désormais de la réponse de l’administration Trump, sollicitée via le département du Commerce. Si l’accord est refusé, Apple pourrait être contraint d’élargir encore la hausse des prix à l’iPhone ou d’accepter une compression de ses marges, dans un contexte où la pénurie de puces ne donne aucun signe de relâchement à court terme. Le prochain jalon à surveiller est la décision formelle de l’exécutif américain, qui testera l’inflexion entre pragmatisme économique et fermeté géopolitique.
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Apple has raised prices on MacBooks and iPads due to soaring memory chip costs, driven by AI data center demand. The company is seeking US approval to buy cheaper chips from Chinese blacklisted firm CXMT to mitigate cost pressure, a move that could ease consumer price increases.
According to the Financial Times, Apple is lobbying the Trump administration for permission to purchase memory chips from Chinese company CXMT, which is blacklisted by the Pentagon. Russian press reports the story neutrally, highlighting the geopolitical and business implications.
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