
Mondial 2026 : à Toronto, le dernier acte de Ronaldo ou de Modric
Le choc des seizièmes de finale entre le Portugal et la Croatie scellera la sortie de scène de l’une des deux légendes quadragénaires, dans un duel où la bataille du milieu de terrain s’annonce décisive.
Toronto sera le théâtre d’un crépuscule. Ce jeudi, le Portugal et la Croatie s’affrontent en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, et l’un des deux monuments du football, Cristiano Ronaldo ou Luka Modric, y fera ses adieux à la compétition. Pour la première fois dans l’histoire du tournoi, deux joueurs de champ de plus de 40 ans se retrouvent face à face, un face-à-face qui résonne comme un passage de témoin entre deux générations. Les deux hommes, qui ont partagé six saisons et quatre Ligues des champions au Real Madrid, portent désormais le poids de sélections aux trajectoires opposées dans la phase de groupes.
Le Portugal, annoncé comme favori, a déçu. Accroché par la République démocratique du Congo (1-1) puis par la Colombie (0-0), le onze de Roberto Martínez n’a dû qu’à une démonstration contre l’Ouzbékistan (5-0) de valider son billet pour les phases éliminatoires. La presse lusitanienne, reprise par les médias brésiliens, pointe une attaque poussive et un Cristiano Ronaldo qui, malgré un doublé historique – il est devenu le premier joueur à marquer dans six Coupes du monde –, n’a toujours pas inscrit le moindre but en match à élimination directe d’un Mondial. L’entraîneur espagnol a balayé les critiques, assurant que « l’âge n’est qu’un chiffre » et que son capitaine reste un exemple dans le vestiaire.
La Croatie, elle, a renoué avec son ADN de tournoi. Battue d’entrée par l’Angleterre (4-2), elle s’est relancée contre le Panama (1-0) puis le Ghana (2-1), portée par un Luka Modric buteur et passeur décisif pour sa 200e sélection. Le sélectionneur Zlatko Dalić, cité par la presse asiatique et européenne, a prévenu que la rencontre se jouerait « dans l’entrejeu », où la maîtrise technique des Vitinha, Bruno Fernandes et Joao Neves devra contenir l’expérience du trio Modric-Kovačić-Baturina. Les observateurs d’Asie du Sud-Est, notamment en Indonésie, voient dans ce scénario un écho à l’Euro 2016, quand le Portugal avait éliminé la Croatie au même stade avant de remporter le titre.
Au-delà de l’affrontement des deux icônes, c’est la capacité des collectifs à masquer les faiblesses individuelles qui sera scrutée. La presse espagnole et latino-américaine souligne que Ronaldo, s’il a disputé l’intégralité des matchs de poule, n’a touché que deux ballons dans la surface colombienne, tandis que Modric, fautif sur un penalty contre l’Angleterre, a depuis retrouvé son influence. Le vainqueur de ce duel inédit en Coupe du monde retrouvera au prochain tour l’Espagne ou l’Autriche, avec l’ambition de prolonger un parcours que beaucoup annoncent comme le dernier pour ces deux géants.
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La presse latino-américaine présente le match comme un adieu émouvant à un monument du football, l'engouement des supporters ayant propulsé la revente des billets à des niveaux records. Elle lance parallèlement une alerte pratique face à la chaleur extrême et aux orages attendus à Toronto, en appelant à la prudence. Le récit mêle célébration des légendes et pragmatisme sécuritaire.
Les médias d'Asie du Sud-Est soulignent l'ironie que le plus petit stade du tournoi accueille le dernier acte de Ronaldo ou Modric. Avec détachement, ils rappellent que Ronaldo n'a jamais marqué en phase à élimination directe d'un Mondial, mêlant respect pour les légendes à un scepticisme discret sur leur rendement actuel.
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