
Plas Johnson, le souffle invisible derrière le flegme de la Panthère rose
Disparu à 94 ans, le saxophoniste américain laisse l’un des solos les plus célèbres du cinéma, enregistré en deux prises sous la direction d’Henry Mancini, et le souvenir amer d’un métier où le talent des musiciens de studio s’effaçait derrière les stars.
Ce jour de 1963, dans un studio de Los Angeles, l’orchestre venait de poser ses archets. Plas Johnson rangea son saxophone ténor après une seconde prise, et quelque chose d’inhabituel se produisit. « Tout le monde a applaudi, même les musiciens de la section de cordes. Et ça, c’était déjà beaucoup dire », se souvenait-il, amusé, des décennies plus tard. Ce bref éclat d’enthousiasme saluait la naissance d’une mélodie sinueuse, écrite par Henry Mancini pour un film où un inspecteur maladroit croisait un félin rose : le thème de La Panthère rose venait de trouver son incarnation sonore.
Plas Johnson s’est éteint le 15 juillet à Los Angeles, à quelques jours de ses 95 ans, a confirmé la radio KKJZ. Fils d’un saxophoniste professionnel de Louisiane, il avait d’abord trempé son anche dans le jump blues et le rhythm and blues avant de devenir l’un des musiciens de studio les plus sollicités de la côte Ouest. Sa sonorité souple et sa précision rythmique lui ouvrirent les portes des séances de Frank Sinatra, Nat King Cole, Ella Fitzgerald ou Barbra Streisand. Mais c’est au sein du Wrecking Crew, ce collectif informel d’instrumentistes capables d’enregistrer un hit en quelques prises, que son style agile s’est fondu dans la bande-son de l’Amérique des sixties.
Cette efficacité avait un revers, que Johnson évoqua sans fard dans un documentaire consacré au Wrecking Crew en 2008. Il y racontait comment les noms des musiciens de l’ombre étaient régulièrement omis des pochettes de disques, parfois pour ménager l’ego des groupes officiels, parfois parce que l’industrie préférait fabriquer un visage après coup. « Le pire, ce n’était pas de ne pas être payé pour un disque qui se vendait à un million d’exemplaires. C’était de ne même pas y voir son nom. Et puis ils allaient dénicher des gamins blancs dans un lycée, les mettaient sur la route et les appelaient par ce nom », confiait le saxophoniste. Cette pratique, rarement documentée à l’époque, éclaire la condition des artisans du son dans le Los Angeles des grands labels, où la couleur de peau et l’image comptaient souvent davantage que les doigts sur les clés.
Le solo de La Panthère rose, lui, échappa à l’anonymat. La bande originale, récompensée par trois Grammy Awards et nommée à l’Oscar, figure parmi les partitions les plus marquantes du cinéma selon l’American Film Institute. En Amérique latine comme en Europe, le thème est devenu un standard instantanément reconnaissable, associé au flegme de Peter Sellers et à l’animation du félin dessiné par Friz Freleng. La presse mexicaine et argentine a salué la disparition d’un musicien dont le phrasé, en huit ou douze mesures, « portait la chanson à un autre niveau », selon ses propres mots.
Plas Johnson aura passé quinze ans dans l’orchestre du Merv Griffin Show, vitrine télévisuelle du divertissement américain, et plus de sept décennies à souffler dans l’ombre des stars. Il laisse derrière lui une trace paradoxale : un son universellement connu, et un nom longtemps resté dans les marges des crédits. Peut-être est-ce le propre des musiciens de session que de disparaître derrière la musique qu’ils façonnent, ne laissant qu’une courbe de saxophone ténor, slinky et impertinente, flotter au-dessus d’un diamant rose.
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| Presse latino-américaine | +0.60 | aligned |
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Nous nous souvenons de l'homme derrière l'intro emblématique, un membre du Wrecking Crew qui n'a eu besoin que de deux prises pour créer une mélodie immortelle, recevant des applaudissements de la section des cordes.
L'anecdote des deux prises et des applaudissements des musiciens à cordes sert à humaniser le musicien et à souligner son talent, rendant l'histoire accessible et célébrative.
Les blocs latino-américain et russe omettent le contexte du Wrecking Crew et l'anecdote des deux prises, qui ajouteraient une couche de camaraderie professionnelle et d'efficacité au récit.
Le monde de la musique est en deuil pour la perte du saxophoniste qui a immortalisé le thème de la Panthère Rose, un artiste dont le nom sera à jamais lié à l'une des mélodies les plus reconnaissables du cinéma.
En utilisant des phrases comme 'le monde de la musique est en deuil' et 'immortalisé', la presse universalise la perte, la présentant comme un deuil collectif plutôt qu'un événement personnel ou professionnel.
Les blocs européen et russe incluent des détails sur le Wrecking Crew et l'enregistrement en deux prises, qui montreraient Johnson comme faisant partie d'une communauté musicale plus large et réduiraient l'attention exclusive sur le thème de la Panthère Rose.
Plas Johnson, un musicien de jazz qui a interprété le thème principal de 'La Panthère Rose', est mort à 94 ans. Le compositeur Henry Mancini a écrit cette mélodie spécialement pour son style élégant.
En soulignant que Mancini a écrit le thème spécialement pour Johnson, la presse positionne Johnson comme un artiste au talent unique choisi pour la tâche, élevant son statut de musicien de session à contributeur créatif clé.
Les blocs européen et latino-américain mentionnent le Wrecking Crew et l'anecdote des deux prises, qui contextualiseraient la carrière de Johnson comme faisant partie d'un ensemble plus large et réduiraient l'attention sur son génie individuel.
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