
Pénurie de carburant en Russie : le Kremlin contraint d’importer après les frappes ukrainiennes
Vladimir Poutine admet une « certaine pénurie » et Moscou négocie des achats à l’étranger, tandis que les restrictions s’étendent de la Crimée à la Sibérie.
La Russie, troisième producteur mondial de pétrole, se trouve confrontée à une crise d’approvisionnement en carburant qui a gagné la quasi-totalité de son territoire. Le président Vladimir Poutine a reconnu publiquement, le 22 juin, que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes créaient « une certaine pénurie », tout en la qualifiant de « non critique ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé le 24 juin que des négociations étaient en cours avec des pays étrangers pour importer de l’essence et du diesel « à des prix acceptables », sans en préciser les fournisseurs. Cette annonce intervient alors que les files d’attente s’allongent devant les stations-service, y compris à Moscou, et que les autorités de la péninsule de Crimée, annexée en 2014, ont décrété l’état d’urgence et suspendu la vente de carburant aux particuliers.
Selon des sources ukrainiennes, la campagne de frappes de drones menée depuis plusieurs mois vise à asphyxier le financement de l’effort de guerre russe en ciblant raffineries, dépôts pétroliers et voies logistiques. D’après les renseignements occidentaux, huit des dix plus grandes raffineries russes auraient été touchées, provoquant des incendies de grande ampleur et une réduction significative des capacités de raffinage. Les autorités russes, de leur côté, imputent les difficultés à une « demande de panique » et à une hausse soudaine de la consommation de 20 à 30 % en un mois, tout en annonçant le puisement dans les réserves stratégiques et l’examen d’une interdiction des exportations de diesel. Le vice-premier ministre chargé de l’énergie, Alexandre Novak, a toutefois assuré que la production nationale restait suffisante pour couvrir les besoins intérieurs.
Les conséquences se font sentir dans l’ensemble de la Fédération. En Crimée, le prix du litre d’essence a triplé lors de ventes exceptionnelles à Sébastopol, tandis que les transports publics et les commerces réduisent leurs horaires. Dans les régions de Sibérie, comme à Irkoutsk, des automobilistes patientent jusqu’à dix-huit heures pour remplir leur réservoir, et des systèmes de rationnement par plaque d’immatriculation ont été instaurés dans la région d’Orel. Les restrictions touchent également les « nouveaux territoires » de l’est de l’Ukraine occupés par Moscou. Selon des observateurs européens, ces pénuries, conjuguées aux coupures d’Internet et aux recrutements forcés documentés par des organisations de défense des droits humains, alimentent un mécontentement inhabituel dans la population russe, perceptible sur les réseaux sociaux.
Sur le plan diplomatique, les efforts de médiation menés par les États-Unis pour obtenir un cessez-le-feu restent au point mort. Vladimir Poutine a déclaré attendre l’arrivée à Moscou de négociateurs américains, une fois qu’un accord aura été trouvé entre Washington et Téhéran sur le dossier iranien. En attendant, la Commission européenne a annoncé le 24 juin le versement d’une première tranche de 3,9 milliards d’euros à l’Ukraine, destinée à l’acquisition de drones et de systèmes de défense aérienne, dans le cadre du prêt de 90 milliards d’euros approuvé en avril. Le Kremlin, pour sa part, n’a pas communiqué de calendrier pour les importations de carburant, se bornant à indiquer que des contacts existent avec des pays non nommés.
| Presse iranienne et apparentée | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
Russia reframes the crisis as temporary and manageable, attributing difficulties to external forces.
It emphasizes Russian resilience and downplays severity, using a tone of strategic solidarity that normalizes the crisis as part of the conflict.
Europe interprets Russia's shortage as evidence of military failure and the effectiveness of sanctions.
It frames the crisis as a logical consequence of Russia's actions, using facts and analysis to consolidate the narrative of Moscow's vulnerability.
Latin America observes Russia's energy crisis with detachment, focusing on global repercussions.
It adopts a neutral, analytical register, avoiding moral judgments and prioritizing economic impact.
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