
« Ne commence pas » : la lutte antidrogue se réinvente au rythme des écoles et des rues
De la directive de renvoi des élèves au Ghana aux formations de conseillers au Nigeria, la Journée internationale contre l’abus de drogues a révélé des stratégies contrastées, entre sanction et soin.
Dans les écoles ghanéennes, entre l’hymne national et le serment d’allégeance, une voix s’élève désormais chaque matin : « Ne commence pas », suivie d’une réponse collective : « Vis sans regret. » Cette scansion, imposée par le ministre de l’Éducation Haruna Iddrisu à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le 26 juin 2026, résonne comme un écho de la fermeté affichée par Accra. Le même jour, le ministre a ordonné au Service de l’éducation du Ghana de renvoyer tout élève trouvé en possession de stupéfiants, décrivant la consommation comme une menace pour les résultats scolaires et le capital humain du pays.
Cette journée mondiale a donné lieu, bien au-delà du Ghana, à une mosaïque d’initiatives où se lisent des rapports très différents à la prévention et à la sanction. À Gazipur, au Bangladesh, le Trust Prothom Alo a organisé une chaîne humaine devant le bureau du district, tandis qu’à Lalmonirhat, une autre chaîne humaine réunissait journalistes, anciens militaires et mères de famille. En Iran, le président Massoud Pezeshkian a profité de la commémoration pour appeler à une refonte des lois et à une approche scientifique de la gestion de l’addiction, plaidant pour un contrôle simultané de l’offre et de la demande. À Lagos, le Centre de réhabilitation de la Mountain of Fire and Miracles Ministries a formé cent trente conseillers d’orientation d’écoles publiques au repérage précoce et à l’orientation des adolescents usagers.
Ces réponses dessinent des lignes de fracture culturelles et politiques. En Afrique de l’Ouest, la rhétorique de la « tolérance zéro » portée par le ministre ghanéen contraste avec l’approche nigériane, où des experts comme le docteur Olajumoke Koyejo insistent sur le passage « de la stigmatisation et de la punition à la prévention, au soutien et à l’intervention structurée ». Au Bangladesh, les intervenants des chaînes humaines ont mis l’accent sur la nécessité d’impliquer les jeunes dans le sport et la culture, tout en réclamant que les « parrains » du trafic soient identifiés et poursuivis. Un journaliste de Lalmonirhat a ainsi raconté comment des trafiquants locaux s’en étaient pris à lui pour avoir dénoncé leurs activités, illustrant la pression qui pèse sur les voix dissidentes.
L’écho de ces mobilisations tient autant aux directives officielles qu’aux gestes intimes. Percy Nimako-Yamoah, directeur municipal du développement social à Abuakwa North, au Ghana, a exhorté chaque adulte à consacrer une minute par jour à sensibiliser un jeune aux dangers des drogues. À Khulna, au Bangladesh, des passants se sont arrêtés devant les banderoles de la chaîne humaine pour se photographier, affichant leur soutien à un mouvement qui se veut d’abord communautaire. Mais c’est peut-être la supplique d’une mère, rapportée par un responsable culturel de Lalmonirhat, qui condense le mieux l’urgence du moment : elle a demandé à un juge d’incarcérer son fils toxicomane pour un an, jugeant que quelques jours de prison ne changeraient rien. Une phrase qui, bien plus que les discours, dit la profondeur de la détresse et l’impuissance des familles face à ce qu’un responsable iranien a appelé les « marchands de mort ».
| Presse iranienne et apparentée | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
The Iranian state acknowledges the mother's pain but insists that the law applies equally to all and the fight against drugs admits no exceptions.
It starts from the individual request and then universalizes the need for harsh repression, turning a personal case into a lesson in public order.
The international debate on decriminalization or criticism of harsh drug penalties in Iran is not mentioned.
The mother is the face of a justice that should be compassionate; the son is a boy who made a mistake, not an irredeemable criminal.
It focuses on the maternal figure to create emotional identification, shifting attention from drug policy to the personal dimension.
No mention is made of drug crime statistics or government policies on the matter.
The mother's plea for clemency is a symptom of a punitive system that criminalizes poverty; the world day is of little use if policies are not changed.
It broadens the focus from the individual case to global power structures, using the story as a pretext for systemic critique.
The official position of African governments on the fight against drugs, or any local initiatives, is not reported.
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