
Motsepe, bouclier d’Infantino : l’axe Sud face aux frondeurs européens
En défendant le président de la FIFA et en écartant toute ambition personnelle, le patron du football africain consolide un bloc du Sud déterminant pour la réélection de 2027, tandis que les critiques venues d’Europe se heurtent à la realpolitik des confédérations.
La scène se déroule à Johannesburg, où Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), a livré un plaidoyer appuyé en faveur de Gianni Infantino, balayant les critiques qui visent le patron de la FIFA. « J’aime son amour profond pour le football, son engagement total pour le football dans le monde et son soutien à l’Afrique », a déclaré le milliardaire sud-africain, reprenant un argumentaire déjà rodé : l’élargissement des places africaines en Coupe du monde – quatre tickets directs supplémentaires et un barrage – et la loyauté d’un administrateur suisse resté, selon lui, « fidèle » au continent. Cette démonstration de force verbale intervient alors que la CAF, avec ses 54 fédérations, constitue le plus gros bloc de votes au sein du football mondial, un réservoir d’influence que Motsepe entend manifestement ne pas laisser disperser.
L’offensive de charme africaine s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien du Sud. En avril, la CONMEBOL sud-américaine avait été la première confédération à officialiser son appui à une réélection d’Infantino en 2027, rapidement imitée par la CAF. Cette convergence d’intérêts s’explique en partie par les bénéfices concrets que ces régions tirent de la gouvernance Infantino : places élargies pour l’Afrique, organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 sur trois continents, et une promesse de développement qui séduit des fédérations longtemps marginalisées. Motsepe lui-même a tenu à couper court aux spéculations sur ses propres ambitions, écartant à la fois une candidature à la présidence de la FIFA – « cela ne m’excite pas » – et une entrée en politique sud-africaine, malgré les rumeurs récurrentes le voyant succéder à son beau-frère Cyril Ramaphosa.
Face à ce front uni, la grogne européenne s’exprime par la voix de Javier Tebas, président de la Ligue espagnole. Dans un entretien à La Gazzetta dello Sport, il a estimé que le temps d’Infantino était « terminé », dénonçant un « système fondamentalement vicié » et une industrie du football « détruite » par l’inflation des compétitions. Les critiques portent notamment sur la proposition d’élargir le Mondial masculin à 64 équipes dès 2030, sur les pauses hydratation instaurées lors du dernier tournoi nord-américain, et sur la gestion de la suspension différée de l’attaquant américain Folarin Balogun. Pour Tebas, ces décisions favorisent un événement de quarante jours au détriment des championnats nationaux, qui génèrent des dizaines de milliers d’emplois. Mais ces récriminations, si elles trouvent un écho dans certains cercles européens, peinent à se muer en alternative crédible : aucun candidat d’opposition ne s’est encore déclaré, et beaucoup, selon Tebas lui-même, « ne veulent pas se présenter seulement pour perdre ».
La realpolitik des urnes donne pour l’instant raison à Infantino. Le scrutin pour le mandat 2027-2031, prévu le 18 mars 2027, se jouera dans un rapport de forces où l’Afrique et l’Amérique du Sud pèsent lourd, tandis que l’Europe, divisée, cherche encore une figure capable de fédérer au-delà de ses frontières. Motsepe, en écartant toute velléité personnelle et en verrouillant le soutien africain, offre à Infantino un bouclier précieux. La prochaine étape concrète sera l’émergence – ou non – d’une candidature soutenue par les fédérations européennes, seule capable de transformer le mécontentement en véritable compétition électorale.
| Presse africaine subsaharienne | +0.70 | aligned |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.40 | critical |
Patrice Motsepe, une voix de confiance dans le football africain, réaffirme son soutien à Infantino et rejette toute ambition politique.
Le bloc construit sa crédibilité en positionnant Motsepe comme un initié autoritaire qui parle d'expérience, détournant ainsi les critiques comme non informées.
Le bloc omet les réfutations détaillées des critiques contre Infantino, ne présentant que la défense de Motsepe sans aborder les plaintes substantielles (ex. expansion de la Coupe du monde, pauses d'hydratation).
Javier Tebas, une voix du football commercial européen, appelle à la démission d'Infantino en dénonçant sa gestion, tandis que Motsepe tente de jouer le médiateur.
Le bloc crée un contraste entre deux voix puissantes, utilisant l'autorité commerciale de Tebas pour remettre en question les décisions d'Infantino, tout en présentant la défense de Motsepe comme une perspective secondaire et régionale.
Le bloc omet le démenti de Motsepe concernant une candidature présidentielle, élément central dans la couverture d'autres blocs, se concentrant plutôt sur la critique d'Infantino.
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