
Moscou condamne la chanteuse Monetochka à un an de prison par contumace, sur fond de répression extraterritoriale
La justice russe a infligé une peine d’emprisonnement à l’artiste exilée pour non-respect de la loi sur les « agents de l’étranger », tandis que les expulsions de militants anti-guerre se multiplient.
Un tribunal de Moscou a condamné mardi par contumace la chanteuse Elizaveta Gyrdymova, connue sous le nom de Monetochka, à un an de colonie pénitentiaire pour « manquement aux obligations d’agent de l’étranger ». La juridiction a également prononcé une interdiction d’administrer des sites internet pendant trois ans. Le parquet avait requis un an et dix mois d’emprisonnement, estimant que l’artiste, inscrite au registre des « agents de l’étranger » en janvier 2023, avait continué à publier sur les réseaux sociaux des contenus dépourvus du marquage obligatoire après deux condamnations administratives pour des faits similaires. Selon l’accusation, relayée par les médias russes, Gyrdymova manifestait de l’hostilité envers l’action du président et de l’armée russe, et appelait à cesser la destruction de la Russie et de l’Ukraine.
Pour les autorités judiciaires russes, cette condamnation s’inscrit dans l’application stricte d’une législation sur les agents de l’étranger progressivement durcie depuis 2020. Le texte permet désormais des poursuites pénales dès la deuxième infraction administrative, et non plus la troisième. Le ministère de la Justice, qui n’a pas besoin de décision de justice pour inscrire une personne au registre, assortit ce statut de restrictions comme l’interdiction de recevoir des aides publiques, de faire de la publicité ou de participer aux élections. Du point de vue des cercles d’opposition russes en exil et des organisations européennes de défense des droits humains, cette peine illustre une stratégie de répression transnationale visant à museler les voix critiques à l’étranger.
Le cas de Monetochka, qui réside en Lettonie après avoir quitté la Russie au début de l’invasion de l’Ukraine, s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites contre les personnalités culturelles et les militants anti-guerre ayant fui le pays. Selon des avocats spécialisés dans la défense des exilés russes, cités par le Moscow Times, l’expulsion est devenue un outil de plus en plus fréquent de répression transnationale, car elle ne nécessite pas les longues procédures d’extradition et peut reposer sur des prétextes administratifs. La récente expulsion depuis la Turquie d’une activiste russe anti-guerre, Ariadna Litvinova, arrêtée à son arrivée à Moscou, a été présentée par ces mêmes sources comme un signal d’alarme pour les opposants au Kremlin réfugiés à l’étranger. Les pays où la liste de recherche de la Communauté des États indépendants est en vigueur, comme la Biélorussie, l’Arménie ou l’Azerbaïdjan, sont considérés comme les plus à risque.
La condamnation par contumace de Monetochka ouvre la voie à une éventuelle demande d’extradition, dont l’issue dépendra de la coopération des États où elle pourrait se trouver. La Lettonie, membre de l’Union européenne, n’a pas donné de signe qu’elle accéderait à une telle requête, mais le précédent turc montre que les mécanismes de coopération policière bilatérale peuvent contourner les voies judiciaires classiques. Le dossier reste donc ouvert sur le plan international, alors que Moscou continue d’élargir le spectre des poursuites contre les « agents de l’étranger » — une catégorie qui compte désormais plusieurs centaines de personnes et d’organisations, dont de nombreux journalistes et artistes.
| Presse russe et CEI | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
La Russie applique la loi sur les agents étrangers de manière impartiale à quiconque la viole, même à l'étranger.
Le bloc présente la condamnation comme une procédure judiciaire de routine, omettant le contexte politique de la loi et la répression des voix critiques.
Il omet que la chanteuse a été condamnée pour avoir exprimé des opinions anti-guerre et aidé des civils ukrainiens, ce que le bloc européen mentionne.
La Russie réprime sans pitié ses critiques, même à l'étranger, comme le montrent la condamnation de Monetochka et la déportation d'une militante de Turquie.
Le bloc relie le cas spécifique à d'autres épisodes de répression transnationale, créant un récit de menace mondiale pour les exilés russes.
Il omet que la loi sur les agents étrangers s'applique formellement à toute personne recevant des fonds étrangers, pas seulement aux critiques politiques, et que la chanteuse avait effectivement violé les règles de marquage.
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