
Mondial 2030 à 64 équipes : la FIFA lance un pari globaliste sous tension
Gianni Infantino confirme qu’un élargissement à 64 nations sera discuté après la Coupe du monde 2026, ravivant le clivage entre promoteurs de l’universalisme et gardiens de l’héritage sportif européen.
Depuis la Suisse, où il s’est confié au portail Bluewin, le président de la FIFA Gianni Infantino a officiellement ouvert la voie à un nouveau séisme dans le football mondial : l’examen, dès la fin du tournoi nord-américain, d’un élargissement de la Coupe du monde à 64 équipes. Alors que le format inédit à 48 participants n’a pas encore livré son verdict final, le dirigeant italo-suisse a qualifié cette première expérience d’« énorme succès », arguant que « toutes les équipes ont joué à un haut niveau » et que chaque continent a inscrit des buts et des points. L’avenir de la compétition phare se jouera donc dans les commissions compétentes, avec l’ambition affichée de transformer le Mondial en une véritable Olympiade du football.
L’argumentaire avancé par Infantino épouse une vision résolument universaliste, chère aux fédérations non européennes. Selon lui, « le Mondial appartient au monde entier, pas seulement à l’Europe et à l’Amérique du Sud » ; chaque nation, y compris les plus modestes, doit pouvoir entretenir le rêve d’y participer. Les résultats africains au tournoi 2026, où neuf sélections sur dix ont atteint la phase à élimination directe, servent de vitrine à cette philosophie. Portée à l’origine par les dirigeants sud-américains — le Paraguayen Alejandro Domínguez, président de la CONMEBOL, y voit l’occasion de célébrer le centenaire de l’épreuve de manière grandiose —, l’idée a reçu un soutien massif de la Confédération africaine, bloc électoral déterminant pour Infantino, en quête d’un nouveau mandat en 2027.
Face à cette coalition du « Sud global », les réticences s’organisent principalement en Europe. L’UEFA, par la voix de son président Aleksander Čeferin, a dénoncé une « mauvaise idée » susceptible de dénaturer les qualifications et d’alourdir encore un calendrier international déjà saturé. Les trois coorganisateurs européens et marocain de l’édition 2030 — l’Espagne, le Portugal et le Maroc — s’opposent fermement à une modification tardive de formats, alors que leur planification logistique entre dans sa phase finale. Les confédérations asiatiques et nord-américaines expriment elles aussi des réserves, redoutant une dilution de la valeur sportive et un tournoi à 104 matches déjà jugé excessif par plusieurs observateurs.
Derrière les enjeux sportifs se dessinent des calculs politiques assumés. Infantino, qui a su verrouiller les soutiens africains et asiatiques pour sa réélection, entretient un flou tactique : ne pas s’aliéner les partisans de l’élargissement tout en ménageant les organisateurs de 2030. L’ajout de seize places mettrait fin au système controversé des meilleurs troisièmes, mais contraindrait à concevoir un calendrier encore plus tentaculaire, avec seize groupes de quatre équipes. Les trois pays sud-américains symboliquement associés à l’édition anniversaire — Uruguay, Argentine, Paraguay — pourraient alors accueillir une phase de poules complète plutôt qu’un simple match d’ouverture.
Le débat est officiellement suspendu aux conclusions des commissions post-Mondial 2026. Si le succès commercial et médiatique du format à 48 est confirmé, il pourrait servir de tremplin à une refonte radicale, au nom d’un football monde où chaque voix comptera, y compris dans les urnes de la FIFA. En attendant, la tension monte entre les tenants d’une compétition resserrée sur l’excellence et les artisans d’une universalité élargie, à l’heure où les grandes puissances du ballon rond regardent avec méfiance les nouveaux équilibres de la gouvernance mondiale du sport.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | +0.20 | neutral |
Le monde arabe accuse Infantino d'utiliser l'expansion pour couvrir les scandales d'arbitrage.
En reliant la proposition aux controverses arbitrales de 2026, on insinue que la FIFA a un agenda caché, délégitimant ainsi l'initiative.
Il ne mentionne pas que l'expansion pourrait être temporaire ni les détails techniques sur le nouveau format de groupes.
Les pays du Golfe considèrent l'expansion comme une question purement technique, évitant toute évaluation politique ou émotionnelle.
En réduisant la proposition à un problème de calcul mathématique et de format, toute critique potentielle est neutralisée et la décision est présentée comme inévitable.
Il ne mentionne pas les controverses arbitrales ni les réactions émotionnelles du monde arabe, ni le caractère temporaire de l'expansion.
L'Iran démasque la proposition comme une faveur politique aux pays hôtes de 2030, soulignant le caractère temporaire de l'expansion.
En présentant l'expansion comme une exception temporaire et en la liant aux intérêts des pays hôtes, on insinue que la FIFA agit par calcul politique plutôt que par mérite sportif.
Il ne mentionne pas les controverses arbitrales de 2026 ni les réactions émotionnelles du monde arabe, se concentrant exclusivement sur l'aspect géopolitique.
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