
L'Espagne étouffe l'Argentine en prolongation et décroche un second sacre mondial, jackpot financier à la clé
Un but de Ferran Torres à la 106e minute a offert à la Roja le trophée 2026 et une dotation record de 51 millions de dollars, tandis que la FIFA redistribue 871 millions aux 48 nations participantes.
Il aura fallu attendre la prolongation pour que l’étau espagnol se referme sur une Argentine acculée. Au MetLife Stadium du New Jersey, Ferran Torres a décoché une frappe imparable à la 106e minute, scellant la victoire 1-0 de la Roja et offrant à l’Espagne sa deuxième étoile mondiale, seize ans après le sacre sud-africain. La finale a basculé lorsque Enzo Fernández a été expulsé en toute fin de temps réglementaire, laissant les champions sortants en infériorité numérique face à une équipe ibérique qui n’aura concédé qu’un seul but durant tout le tournoi – un record pour un vainqueur, survenu en quart de finale contre la Belgique.
Ce triomphe s’accompagne d’une manne financière sans précédent. La FIFA a confirmé que la Fédération espagnole empochera 51 millions de dollars (environ 46,5 millions d’euros), auxquels s’ajoutent 2,5 millions de dollars d’aide à la préparation, soit un total dépassant 53 millions. L’Argentine, finaliste malheureuse, recevra 34 millions, tandis que l’Angleterre (3e) et la France (4e) toucheront respectivement 30 et 28 millions. L’ensemble des 48 sélections se partagent une enveloppe globale de 871 millions de dollars, gonflée de plus de 100 millions en avril dernier après que plusieurs fédérations européennes eurent alerté sur le poids des déplacements et des obligations fiscales dans un tournoi éclaté entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.
La redistribution de ces sommes obéit à des logiques nationales contrastées. Selon la presse madrilène, la Fédération espagnole a convenu de reverser 45 % de la dotation aux joueurs, soit environ 756 000 euros bruts par international. Une manne qui n’échappera pas au fisc : les techniciens du ministère des Finances estiment que l’Agence tributaire récupérera près de 6 millions d’euros sur les primes des seuls joueurs évoluant en Liga. En Amérique du Sud, la Confédération brésilienne, éliminée dès les huitièmes de finale par la Norvège, a perçu 16,5 millions de dollars, un montant inférieur aux 17 millions obtenus en 2022, ce qui relance le débat sur la gestion d’une entité privée sans lien avec l’État fédéral.
Au-delà du volet comptable, l’édition 2026 a mis en lumière les tensions qui traversent le football mondial. Le Conseil de l’Europe, par la voix de son secrétaire général Alain Berset, a adressé une lettre à la FIFA pour réclamer un cadre d’intégrité renforcé avant le Mondial 2030, citant pêle-mêle la suspension d’une sanction contre un joueur américain, le sponsoring d’un marché de prédictions et l’influence politique dans certaines décisions. La présence de Donald Trump aux côtés de Gianni Infantino lors de la remise du trophée a ravivé ces interrogations, alors que la prochaine Coupe du monde se tiendra en Espagne, au Portugal et au Maroc, avec des matchs inauguraux en Argentine, au Paraguay et en Uruguay.
Ce sacre espagnol s’inscrit dans une dynamique plus large. Pour la première fois, une même nation détient simultanément les titres mondiaux masculin et féminin, la Roja féminine ayant été couronnée en 2023. Un double règne qui, au-delà du prestige, redessine la valeur commerciale de la sélection et renforce l’attractivité de ses trente-cinq sponsors, d’Adidas à Iberdrola, à l’approche d’un cycle menant au Mondial 2030.
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