
Menaces d’intervention militaire à Cuba, La Havane promet des réformes économiques radicales
Tandis que Washington évoque une possible opération armée et renforce son embargo énergétique, Cuba annonce une ouverture inédite aux investisseurs privés étrangers, tout en dénonçant un « blocus total ».
Interrogé par le média Axios, le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré qu’une opération militaire contre Cuba était « possible », citant la proximité géographique de l’île et établissant un parallèle avec les récentes actions menées au Venezuela et en Iran. Cette déclaration coïncide avec l’annonce, par le président cubain Miguel Díaz-Canel, du plus vaste train de réformes économiques depuis la révolution de 1959. Le paquet législatif, ratifié à l’unanimité par le Parlement monocaméral, vise à ouvrir l’économie de l’île au capital privé national et étranger, notamment dans l’immobilier, le secteur bancaire et la prise de participation dans les entreprises d’État.
Selon l’administration Trump, ces pressions visent à contraindre La Havane à libéraliser son modèle et à relâcher des prisonniers politiques. Washington a intensifié depuis janvier un blocus énergétique, imposant des tarifs aux fournisseurs de pétrole de l’île, sanctionnant la compagnie pétrolière nationale CUPET et menaçant de représailles les entreprises étrangères collaborant avec des entités cubaines. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a par ailleurs mis en garde Cuba contre l’acquisition de missiles pouvant atteindre le territoire américain. Marco Rubio, secrétaire d’État et figure de la ligne dure envers La Havane, est présenté par Donald Trump comme un acteur central du dossier, tandis que ce dernier affirme, sans autre précision, que les autorités cubaines seraient disposées à dialoguer.
Du côté cubain, ces mesures sont dénoncées comme un « plan d’asphyxie économique » équivalant à un « blocus militaire total », selon les termes du ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez. L’embargo a contraint des groupes étrangers – le minier canadien Sherritt, les hôteliers espagnols Meliá et Iberostar, entre autres – à suspendre leurs opérations sur l’île, aggravant une crise énergétique marquée par des coupures d’électricité pouvant dépasser soixante-dix heures dans les provinces. L’économie cubaine, déjà en recul de plus de 15 % entre 2020 et 2024, devrait se contracter d’au moins 6,5 % cette année. Pour justifier son tournant réformiste, le gouvernement cubain évoque les exemples chinois et vietnamien de « socialisme de marché », tout en récusant toute renonciation idéologique. Díaz-Canel reconnaît toutefois que les difficultés ne proviennent pas uniquement du « blocus », mais aussi de lourdeurs bureaucratiques internes.
Ces annonces laissent les observateurs dubitatifs. Lors du rapprochement initié sous l’administration Obama, des ouvertures similaires avaient été sabotées en coulisses par Fidel Castro, soucieux de préserver le contrôle politique, rapportent d’anciens responsables américains. Aujourd’hui, nombre d’analystes européens et latino-américains doutent de la capacité de Díaz-Canel, perçu comme réformateur mais affaibli politiquement, à surmonter les résistances du Parti communiste. Les mesures votées ne précisent ni le calendrier ni les mécanismes de mise en œuvre. Aucune décision formelle d’intervention militaire n’a été prise par Washington, mais le maintien d’une pression maximale, associé à la perspective d’un effondrement économique, inscrit le dossier cubain parmi les points chauds de la politique étrangère américaine.
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Les États-Unis intensifient leur asphyxie économique et flirtent ouvertement avec une action militaire contre Cuba. En réponse, Cuba adopte à contrecœur des réformes orientées vers le marché, mais le récit souligne la pression extérieure coercitive et présente l’île comme une victime de l’agression impériale.
Cuba entame son ouverture économique la plus importante depuis la révolution, poussée par la nécessité interne de sauver le système. La décision est présentée comme un tournant historique, faisant écho à des moments de changement passés, avec peu de références directes à la pression américaine.
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