
Les trente rendez-vous de Bill Gates avec Jeffrey Epstein : une fondation face à ses fantômes
Un petit-déjeuner dans la résidence new-yorkaise du financier déchu, en décembre 2014, a scellé la fin d’une relation que la Fondation Gates a depuis tenté de disséquer sans jamais en publier l’intégralité du rapport.
Ce matin de décembre 2014, dans la maison de ville de Jeffrey Epstein à Manhattan, une table de petit-déjeuner réunit Bill Gates, des cadres de sa fondation et de potentiels donateurs. L’atmosphère est à la fois feutrée et tendue : depuis trois ans, le personnel de la fondation alerte sur les risques réputationnels de fréquenter un homme condamné en 2008 pour avoir sollicité une mineure à des fins de prostitution. Ce jour-là, Gates espère encore concrétiser un fonds d’investissement philanthropique destiné à mutualiser les dons de grandes fortunes pour la santé publique mondiale. Mais, selon le résumé d’une enquête externe commandée par la fondation, il repartira convaincu qu’Epstein a « déformé » l’engagement des mécènes. Le projet est abandonné, et la relation s’éteint.
L’enquête, menée par le cabinet WilmerHale et rendue publique en juillet 2026, révèle l’ampleur de ces contacts : une trentaine de rencontres entre 2011 et 2014, impliquant Bill Gates et jusqu’à dix responsables de la fondation. Plusieurs se sont déroulées dans la résidence new-yorkaise d’Epstein, une autre sur le campus même de la fondation. Les échanges ont porté sur deux initiatives : le fonds avorté et une subvention à l’International Peace Institute, une organisation alors dirigée par un proche d’Epstein, Terje Rød-Larsen, qui démissionnera en 2020. L’examen, fondé sur plus de cinquante entretiens et l’analyse de documents internes, n’a trouvé aucune preuve de paiement à Epstein ni de participation du personnel à ses activités criminelles. Il confirme néanmoins que Gates connaissait la condamnation de son interlocuteur et avait entendu les mises en garde de ses équipes.
Dans la presse américaine, cette séquence est lue à l’aune d’un malaise plus large qui traverse la philanthropie des milliardaires. La décision de Warren Buffett, ami de longue date de Gates et principal bienfaiteur de la fondation, d’omettre celle-ci de ses donations annuelles pour la première fois en vingt et un ans, a amplifié l’écho de l’affaire. Buffett a expliqué qu’il estimait désormais ses trois enfants prêts à gérer sa fortune, tout en qualifiant de « déplaisante » l’association de Gates avec Epstein. Du côté des médias européens, on souligne la fragilité des institutions fondées sur la réputation personnelle de leurs mécènes, et la difficulté de dissocier l’homme de l’œuvre lorsque les archives judiciaires américaines continuent de livrer des noms.
La fondation a réagi en adoptant une série de réformes de gouvernance : processus centralisé de vérification des intermédiaires, procédure d’escalade pour les risques réputationnels, politiques élargies de conflits d’intérêts. Le résumé de trois pages diffusé au public ne dit pas si le rapport complet sera un jour accessible. Il reste l’image d’un petit-déjeuner inabouti dans une demeure de l’Upper East Side, où un fonds philanthropique s’est évaporé entre les tranches de pain perdu, laissant derrière lui le spectre d’une association que la fondation tente encore d’exorciser par la procédure.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
| Presse latino-américaine | −0.50 | critical |
La Fondation Gates reconnaît des erreurs de jugement mais insiste sur le fait que l'examen prouve l'absence de paiements illicites, et la décision de Buffett est étrangère à l'affaire Epstein.
En séparant nettement la question des réunions de celle des paiements, le récit minimise les dommages réputationnels et transforme l'histoire en leçon de gouvernance plutôt qu'en scandale.
Le bloc omet le fait que Gates a été personnellement averti par le personnel et a continué les réunions pendant trois ans, ce qui renforcerait le sentiment de responsabilité personnelle.
Bill Gates a ignoré les avertissements répétés du personnel et a rencontré un délinquant sexuel condamné 30 fois, démontrant un échec catastrophique de jugement que l'examen confirme.
En accumulant des détails spécifiques et vérifiables—30 réunions, trois ans, avertissements internes, connaissance de la condamnation—le récit construit un cas accablant de négligence personnelle et institutionnelle.
Le bloc omet la conclusion de l'examen selon laquelle aucun paiement n'a été versé à Epstein, ce qui pourrait atténuer la perception de complicité financière.
L'examen expose l'ampleur des contacts de Gates avec Epstein, mais l'absence de paiements criminels laisse une zone grise qui exige une condamnation morale sans certitude légale.
En juxtaposant le nombre accablant de réunions avec l'absence de preuves financières, le récit crée une tension qui invite les lecteurs à combler le vide avec leur propre jugement moral.
Le bloc omet le fait que Gates a été personnellement averti par le personnel et a poursuivi l'association pendant trois ans, ce qui renforcerait le cas de culpabilité personnelle.
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