
Les Rolling Stones, entre satire politique et urgence créative, livrent un 25e album sous le signe du cafard
Enregistré en quelques jours avec une pléiade d’invités, « Foreign Tongues » mêle blues rock et piques contre Elon Musk, tandis que Mick Jagger espère repartir en tournée malgré les fragilités du groupe.
Une langue géante, emblème des Rolling Stones, a illuminé le ciel nocturne de Londres à la veille de la sortie de « Foreign Tongues », vingt-cinquième album studio du groupe. Quelques mois plus tôt, c’est sous le pseudonyme des Cafards – The Cockroaches, alias secret déjà utilisé dans les années 1970 – que les octogénaires avaient distillé un premier single. Un choix qui dit autant la résilience que l’autodérision d’une formation dont la longévité défie les lois du rock.
Enregistré en moins d’un mois aux Metropolis Studios de Londres, l’album a été produit par Andrew Watt, déjà aux commandes de « Hackney Diamonds » en 2023. Les quatorze morceaux, dont deux reprises, ont été captés dans l’urgence, en prise directe, retrouvant l’énergie des débuts. Le trio central – Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood – y est épaulé par une constellation d’invités : Paul McCartney pose une ligne de basse sur « Covered In You », Robert Smith des Cure intervient aux synthés et à la guitare, tandis que Charlie Watts, disparu en 2021, ressurgit le temps d’un titre punk, « Hit Me In The Head ». La presse canadienne, sous la plume du Devoir, observe que l’album alterne entre redites et moments d’honnêteté saisissante, quand la critique australienne souligne l’urgence et la vigueur qui traversent l’ensemble.
Au-delà de la vitalité musicale, le disque se distingue par son ancrage dans l’époque. Plusieurs morceaux égratignent les autocrates et le paysage politique américain. Dans « Mr Charm », Jagger décoche une pique contre le « mad mogul Mr Musk », tandis que « Ringing Hollow », une ballade country rock saluée par le quotidien québécois comme une « merveille », déplore l’état de la statue de la Liberté : « Lady Liberty don't look so good when there's a tear in her gown ». La presse suédoise y lit une critique à peine voilée de l’administration Trump, et note que le groupe, sans réinventer son blues rock, a encore « quelque chose à dire entre les lignes ».
Mick Jagger a confié à l’agence italienne ANSA son désir de repartir en tournée avec Ronnie Wood, malgré les problèmes de santé de Keith Richards, qui souffre d’arthrite, et les obstacles logistiques qui avaient empêché la venue du « Hackney Diamonds Tour » en Europe en 2024. La presse allemande évoque un possible départ en 2027. Mais cette renaissance scénique s’accompagne d’une ombre : le partenariat avec la FIFA pour une collection de vinyles en édition limitée, dénoncé par le quotidien suédois Dagens Nyheter comme une compromission avec une organisation corrompue.
Reste l’image de cette pochette signée Nathaniel Mary Quinn, où les visages caricaturés de Jagger, Richards et Wood se superposent en un pied de nez aux âgistes. Comme les cafards dont le groupe emprunta le nom au printemps, les Stones persistent, non sans ironie, à défier le temps.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.90 | aligned |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.70 | aligned |
Les Rolling Stones sont les anciens du rock qui viennent de livrer un chef-d'œuvre tardif, prouvant que la pertinence et la vitalité ne sont pas liées à l'âge.
En mettant l'accent sur la longévité du groupe et la pertinence thématique de l'album (antiguerre, anti-Musk), le récit construit une histoire de pouvoir artistique durable, rendant la qualité de l'album apparemment inévitable.
Le récit omet toute discussion sur les problèmes de santé du groupe ou son déclin potentiel, se concentrant uniquement sur le retour triomphal.
Les Rolling Stones sont de retour, et ils s'amusent toujours beaucoup à faire de la musique. Cet album est une preuve de leur vitalité durable et une promesse de tournée.
En se concentrant sur le plaisir du groupe en studio et le succès commercial et critique de l'album, le récit crée une histoire réconfortante d'un groupe légendaire qui refuse de disparaître.
Le récit omet toute évaluation critique de l'innovation artistique de l'album ou de ses défauts potentiels, mettant plutôt en avant le plaisir du groupe et la tournée à venir.
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