
Les Émirats arabes unis, premier pays arabe à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Une résolution du gouvernement émirati, adoptée le 18 juin, prohibe l’accès des enfants de moins de 15 ans aux plateformes sociales, rejoignant une vague mondiale de restrictions qui interroge l’équilibre entre protection de la jeunesse et libertés numériques.
Le Conseil des ministres des Émirats arabes unis, présidé par le cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, a adopté une résolution historique interdisant l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Cette décision, une première dans le monde arabe, impose aux plateformes de surveiller et de désactiver les comptes créés par des mineurs de cet âge, avec une période de transition de douze mois pour assurer la mise en conformité technique. Les adolescents de 15 et 16 ans bénéficient d’un régime assoupli mais strictement encadré : contrôle parental renforcé, limitation du temps d’écran, restriction des interactions avec des utilisateurs inconnus et filtrage des contenus inappropriés. Le consentement parental ne peut en aucun cas contourner l’interdiction faite aux moins de 15 ans, une disposition qui distingue le modèle émirati de simples mécanismes de vérification d’âge.
Cette mesure s’inscrit dans un mouvement mondial qui, de l’Australie à l’Indonésie en passant par le Royaume-Uni et la Malaisie, voit les États délaisser la modération des contenus au profit d’interdictions d’accès pures et simples. L’Australie a ouvert la voie en décembre 2025 avec une interdiction pour les moins de 16 ans, rapidement suivie par le gouvernement britannique. Les Émirats, qui s’appuient sur des enquêtes montrant que les enfants y passent en moyenne trois heures par jour sur ces plateformes, entendent répondre aux risques documentés d’anxiété, de troubles de l’attention, de retards de langage et d’exposition à des prédateurs en ligne. La presse anglophone locale, comme le Khaleej Times et Gulf News, rapporte un large soutien des parents et des enseignants, nombreux à témoigner de cas d’addiction précoce ou de réception d’images explicites par des écoliers.
Du côté des nations occidentales, l’approche émiratie trouve un écho contrasté. L’Union européenne, à travers le Règlement général sur la protection des données (RGPD), fixe à 15 ans l’âge du consentement numérique dans plusieurs États membres, mais sans interdire l’accès aux réseaux sociaux. La France, par exemple, a instauré une obligation de vérification d’âge pour les sites pornographiques, mais n’a pas franchi le pas d’une prohibition générale. Les débats au Canada et en Belgique francophone portent davantage sur l’éducation aux médias et la responsabilité des plateformes que sur des blocages stricts, perçus par certains experts comme difficilement applicables sans une surveillance invasive des données personnelles.
La mise en œuvre technique soulève en effet des interrogations. Les plateformes devront déployer des mécanismes de vérification d’âge efficaces sans compromettre la vie privée des utilisateurs, un défi que même les géants de la Silicon Valley peinent à relever. La résolution émiratie prévoit que les comptes des moins de 15 ans soient suspendus ou désactivés, mais les détails sur les méthodes de détection restent flous. Des voix s’élèvent, notamment dans la presse russe et indienne, pour souligner le risque de contournement par les jeunes utilisateurs, habitués à falsifier leur date de naissance. La réussite de cette politique dépendra donc autant de la coopération des entreprises technologiques que de l’accompagnement éducatif des familles.
En se positionnant comme le premier pays arabe à légiférer aussi fermement, les Émirats arabes unis envoient un signal fort à une région où la pénétration des smartphones est parmi les plus élevées au monde. Cette décision pourrait inspirer d’autres monarchies du Golfe, voire des pays d’Afrique francophone confrontés à des défis similaires de protection de l’enfance en ligne. Elle illustre aussi une tendance de fond : face à l’échec perçu de l’autorégulation des plateformes, les États reprennent la main, quitte à bousculer le principe d’un internet ouvert. Reste à savoir si cette vague d’interdictions saura éviter l’écueil d’une approche purement prohibitive, au détriment d’une véritable éducation numérique citoyenne.
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Les Émirats arabes unis ont franchi une étape pionnière dans le monde arabe en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans pour protéger les enfants des dangers numériques. La résolution, assortie d'une période de transition de 12 mois, reflète un modèle avancé de protection de l'enfance et s'inscrit dans un mouvement mondial visant à préserver les mineurs en ligne.
Les Émirats arabes unis ont interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, invoquant une augmentation présumée des risques numériques et l'accès à des contenus 'inacceptables'. Cette mesure, qui s'inscrit dans une tendance mondiale croissante aux restrictions, soulève des questions sur les motivations réelles et la définition de ce qui est nuisible.
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