
Le refus américain de prolonger l’ACEUM ouvre une décennie de révisions annuelles
Le 1er juillet, Washington a refusé la reconduction pour 16 ans du traité commercial nord-américain, déclenchant un mécanisme de révisions annuelles jusqu’en 2036, sans remettre en cause l’accès préférentiel des exportations mexicaines et canadiennes.
La décision des États-Unis de ne pas renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) dans sa forme actuelle a activé, le 1er juillet, le mécanisme prévu à l’article 34.7 du traité : des révisions annuelles pendant les dix prochaines années, jusqu’à son expiration en 2036. Contrairement à une sortie unilatérale, que les trois gouvernements peuvent notifier avec un préavis de six mois, cette non-reconduction maintient l’architecture juridique du libre-échange nord-américain. Les marchés financiers mexicains n’ont d’ailleurs pas connu de turbulences, le peso restant stable, ce que des analystes de Mexico attribuent à la communication préventive du secrétaire à l’Économie, Marcelo Ebrard, qui avait présenté ce scénario comme le plus probable.
Le traité demeure donc en vigueur, mais le passage à un cycle de révisions annuelles introduit une incertitude persistante pour les investisseurs. L’agence de notation S&P Global Ratings, qui a placé la perspective de la note souveraine mexicaine sous surveillance négative en mai, estime que ce contexte prolongé de négociations pèsera sur la croissance, attendue autour de 1 % en 2026. L’agence juge toutefois peu probable une rupture des liens économiques profonds entre les deux pays, et souligne que le tarif effectif sur les exportations mexicaines reste inférieur à 10 %. Du côté canadien, des observateurs rappellent que l’incertitude existe depuis le retour de Donald Trump et que la position de négociation d’Ottawa s’est renforcée avec la majorité parlementaire de Mark Carney et l’impopularité croissante des mesures protectionnistes américaines.
Au-delà des questions strictement commerciales, les discussions se sont élargies à la coopération sécuritaire, à la gestion migratoire et aux efforts pour empêcher le contournement des barrières douanières par des produits chinois via le Mexique. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a écarté tout lien avec des enjeux de sécurité intérieure, y voyant une politique protectionniste visant à récupérer des emplois manufacturiers. Dans le secteur agricole, la révision est suivie de près par les éleveurs américains, qui espèrent des règles d’origine plus strictes, tandis que le Mexique rejette publiquement l’idée de quotas tarifaires. La dépendance structurelle des États-Unis envers la viande bovine mexicaine et canadienne pour la transformation limite toutefois la marge de manœuvre de Washington, selon des analystes brésiliens.
La prochaine étape concrète est la réunion bilatérale prévue le 20 juillet à Mexico, où une délégation américaine abordera quatorze thèmes prioritaires, dont les règles d’origine et les chaînes d’approvisionnement régionales. Marcelo Ebrard a annoncé un déplacement préparatoire à Washington dès le 8 juillet. Si un accord de prolongation de 16 ans peut être conclu lors de n’importe quelle révision annuelle, l’horizon immédiat reste celui d’une négociation permanente, où les avancées sur les fronts non tarifaires pourraient s’avérer aussi déterminantes que les concessions commerciales classiques.
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
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