
Le retour des politiques industrielles et la recomposition de l’ordre mondial
Alors que la Banque mondiale reconnaît l’utilité des interventions étatiques, Téhéran voit dans les crises actuelles les prémices d’un monde multipolaire.
La Banque mondiale a opéré un revirement doctrinal en reconnaissant, dans un rapport publié cette année, que les politiques industrielles sont « de retour avec vengeance ». Selon l’institution, 183 des 195 pays du monde ciblent désormais au moins une industrie, rompant avec des décennies de prescriptions favorables au seul jeu du marché. Ce constat, qualifié par l’économiste en chef de « valeur pratique d’une disquette », illustre une transformation plus large : les décisions des États, et non la seule main invisible, façonnent l’économie mondiale.
Du point de vue des capitales occidentales, ce basculement répond à une convergence de chocs. La pandémie a exposé la fragilité des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique exige des investissements massifs, et la compétition autour des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle a fait de la sécurité économique une priorité stratégique. Aux États-Unis, le CHIPS and Science Act de 2022 a engagé 52,7 milliards de dollars de fonds fédéraux pour reconstruire la production nationale de puces, suscitant plus de 540 milliards d’investissements privés. Selon les milieux d’affaires américains, l’objectif n’est pas de remplacer les marchés mais de les activer, une logique poursuivie par l’administration suivante à travers des instruments encore plus directs.
À Téhéran, cette recomposition est interprétée comme la manifestation d’un ordre mondial en gestation. D’après des diplomates iraniens, la guerre en Ukraine et l’opération du 7 octobre ont constitué des « tempêtes politiques et militaires » imprévisibles qui, combinées à un processus graduel, préparent un déplacement du pouvoir de l’Ouest vers l’Est. Dans cette analyse, le rôle des États-Unis s’affaiblirait tandis que l’Iran, la Chine et la Russie deviendraient des acteurs centraux. Les mêmes sources soulignent qu’aucun ordre nouveau n’émerge sans coût, évoquant les pertes humaines et les sacrifices consentis, notamment dans l’axe de la résistance, pour affaiblir ce qu’elles désignent comme la pensée libérale-démocratique.
D’autres voix iraniennes nuancent cette lecture en insistant sur la nécessité d’un équilibre stratégique. Selon d’anciens responsables, le « regard vers l’Est » ne saurait signifier un alignement inconditionnel, car même les puissances orientales accorderaient davantage de confiance à un Iran qui préserve son indépendance et évite les crises coûteuses. La décision de ne pas intervenir militairement en Afghanistan après l’attaque du consulat de Mazar-e-Sharif est citée comme un exemple de retenue ayant épargné au pays un enlisement prolongé. Le dossier reste ouvert : les prochains sommets internationaux et les arbitrages budgétaires des grandes puissances indiqueront si les engagements industriels et diplomatiques se traduisent par des politiques durables ou par de simples effets d’annonce.
| Presse africaine subsaharienne | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse nippo-coréenne | 0.00 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | +0.70 | aligned |
Les décisions humaines, non l'inévitabilité, forgent l'avenir. Chaque génération hérite des conséquences des choix précédents.
Un exemple historique emblématique (Gdańsk) est utilisé pour universaliser le message selon lequel les choix individuels et collectifs déterminent le cours de l'histoire, rendant plausible l'idée que l'ordre mondial est malléable.
Il ne mentionne pas la politique industrielle ni les acteurs spécifiques du réaménagement mondial, se concentrant plutôt sur une leçon historique abstraite.
L'histoire se déroule; les conflits d'aujourd'hui font partie d'un processus inévitable.
Il réduit la complexité des événements actuels à un seul récit historique, les présentant comme des phases naturelles d'un processus plus large, rendant ainsi plausible l'acceptation passive.
Il n'analyse pas la politique industrielle ni les stratégies géopolitiques spécifiques, se concentrant sur une vision déterministe de l'histoire.
La politique industrielle est à nouveau légitime; les entreprises doivent se préparer à une intervention étatique plus incisive.
Il cite l'autorité de la Banque mondiale et son changement de position officiel pour légitimer le retour de la politique industrielle, le présentant comme un fait objectif plutôt qu'un choix idéologique.
Il ne mentionne pas les implications géopolitiques ni le rôle d'acteurs comme l'Iran, se concentrant exclusivement sur les conséquences économiques pour les entreprises.
L'Iran est un acteur central du nouvel ordre mondial; ses décisions passées démontrent une sagesse stratégique.
Il utilise l'autorité d'anciens diplomates et la référence à des décisions passées (Afghanistan) pour construire un récit de clairvoyance et de centralité iranienne, rendant plausible l'idée que l'Iran est un protagoniste inévitable du réaménagement mondial.
Il ne mentionne pas la politique industrielle ni le rôle de la Banque mondiale, se concentrant exclusivement sur la position géopolitique de l'Iran.
Élargis ton regard
Samsung pulvérise les records, mais les Bourses asiatiques plongent : le paradoxe de l’IA
10 langues · 13 sources
Depuis TechnologyWhatsApp contraint de suspendre le déploiement des noms d’utilisateur sous la pression de New Delhi
4 langues · 5 sources
Depuis Science & HealthStress et sédentarité : pourquoi l’exercice régulier change la donne pour le cœur et l’intestin
5 langues · 11 sources