Se connecter
Édition de 06:00 CETmardi 16 juin 2026
285 sources · 16 langues405 briefings aujourd'hui
Économielundi 15 juin 2026

Le Japon vers un taux directeur à 1 %, une première depuis 1995

Malgré l’absence de son gouverneur hospitalisé, la Banque du Japon s’apprête à relever ses taux, tandis que Washington et Londres temporisent et que Moscou envisage une détente.

La Banque du Japon (BoJ) devrait, ce mardi, franchir un cap symbolique en portant son taux directeur de 0,75 % à 1 %, un seuil que l’archipel n’a plus connu depuis 1995. Cette décision, largement anticipée par les marchés, interviendra lors d’une réunion de politique monétaire inédite : le gouverneur Kazuo Ueda, hospitalisé pour une infection liée à un kyste hépatique, ne participera pas au vote, même s’il soumettra un avis écrit. Les huit membres restants du conseil semblent juger que le risque d’emballement de l’inflation l’emporte désormais sur celui d’un ralentissement économique, dans un contexte de flambée des prix du pétrole attisée par les tensions au Moyen-Orient. L’annonce surprise, dimanche, par le président américain Donald Trump d’un accord avec l’Iran – prévoyant la levée du blocus du détroit d’Ormuz après une signature vendredi en Suisse – pourrait toutefois modifier la trajectoire inflationniste à court terme.

Ce resserrement japonais contraste avec la posture prudente adoptée ailleurs. Dans ce que la presse financière taïwanaise qualifie de « super semaine des banques centrales », la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre devraient, selon les anticipations, maintenir leurs taux inchangés. Un statu quo qui, après des mois de resserrement, conforte les marchés dans l’idée que l’ère des hausses touche à sa fin pour les économies occidentales. À Tokyo, en revanche, la normalisation monétaire s’accélère, signe que la troisième économie mondiale cherche à sortir définitivement de la déflation tout en jugulant une inflation importée qui pèse sur les ménages.

Un autre scénario se dessine en Russie, où la Banque centrale s’oriente plutôt vers un nouvel assouplissement. Selon des analystes cités par le quotidien économique Rossiïskaïa Gazeta, l’inflation annuelle est redescendue à 5,3 % en mai, et le rouble s’est raffermi, ce qui plaide pour une réduction du taux directeur. Des facteurs d’inquiétude subsistent néanmoins : les anticipations d’inflation des ménages ont grimpé à 13 %, et l’inflation perçue atteint 15,1 %. Un responsable de Gazprombank a toutefois souligné que l’inflation du deuxième trimestre est restée inférieure aux prévisions de l’institut d’émission, ce qui pourrait justifier un geste dès la prochaine réunion.

Cette divergence des politiques monétaires, du Japon à la Russie en passant par les rives atlantiques, illustre un monde post-crise où les trajectoires nationales obéissent à des logiques contradictoires. D’un côté, les économies avancées, comme le Japon, tentent de domestiquer une inflation importée sans briser une reprise fragile ; de l’autre, des pays comme la Russie misent sur une détente pour soutenir l’activité. Les marchés financiers, quant à eux, scrutent ces signaux croisés pour ajuster leurs positions sur les obligations, les devises et les produits de spread. L’accord annoncé sur le pétrole iranien pourrait, s’il se concrétise, rebattre les cartes en atténuant les pressions sur les prix de l’énergie et, partant, en redéfinissant les priorités des banquiers centraux.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

0%
TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa del Golfo araboStampa europea continentale
Stampa del Golfo arabo
pragmatismodistacco

La Banque du Japon devrait relever son taux directeur d'un quart de point pour le porter à 1 %, son plus haut niveau depuis 1995. La réunion se tient sans le gouverneur Ueda, hospitalisé pour une inflammation, qui ne communiquera ses observations que par écrit. Une enquête auprès des analystes reflète une attente généralisée de ce resserrement.

Stampa europea continentale
pragmatismourgenza

La Banque du Japon a entamé sa réunion de deux jours dans un contexte d'attentes largement partagées d'une hausse d'un quart de point à 1 %, motivée par la crainte d'une inflation tirée par le pétrole. L'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, susceptible de lever le blocus de facto du détroit d'Ormuz, atténue les tensions sur les prix de l'énergie. Par ailleurs, les grandes banques centrales mondiales se préparent à une semaine de décisions contrastées, les États-Unis et le Royaume-Uni étant enclins à maintenir leurs taux.

Articles liés

Lire plus
Dernières
Défense européenne : les projets communs à l’épreuve des rivalités industrielles·Quand la passion se heurte à l’absence d’engagement : regards croisés sur l’amour moderne·Iran arrache le nul face à la Nouvelle-Zélande dans un Mondial sous tension géopolitique·Pérou : Keiko Fujimori accroît son avance, mais la proclamation du président attendra mi-juillet·Argentine-Algérie : Messi, 200 sélections et la défense du titre mondial en ouverture·Norvège : le retour d’une génération dorée après vingt-huit ans d’absence·L’Argentine, exception inflationniste dans un monde secoué par la crise énergétique·Brooklyn Beckham ravive la saga familiale dans une publicité pour le Mondial 2026·Défense européenne : les projets communs à l’épreuve des rivalités industrielles·Quand la passion se heurte à l’absence d’engagement : regards croisés sur l’amour moderne·Iran arrache le nul face à la Nouvelle-Zélande dans un Mondial sous tension géopolitique·Pérou : Keiko Fujimori accroît son avance, mais la proclamation du président attendra mi-juillet·Argentine-Algérie : Messi, 200 sélections et la défense du titre mondial en ouverture·Norvège : le retour d’une génération dorée après vingt-huit ans d’absence·L’Argentine, exception inflationniste dans un monde secoué par la crise énergétique·Brooklyn Beckham ravive la saga familiale dans une publicité pour le Mondial 2026·
Màj 14:012 langues · 2 sources
2 sources|2 langues|3 min de lecture
lundi 15 juin 2026

Le Japon vers un taux directeur à 1 %, une première depuis 1995

Malgré l’absence de son gouverneur hospitalisé, la Banque du Japon s’apprête à relever ses taux, tandis que Washington et Londres temporisent et que Moscou envisage une détente.

La Banque du Japon (BoJ) devrait, ce mardi, franchir un cap symbolique en portant son taux directeur de 0,75 % à 1 %, un seuil que l’archipel n’a plus connu depuis 1995. Cette décision, largement anticipée par les marchés, interviendra lors d’une réunion de politique monétaire inédite : le gouverneur Kazuo Ueda, hospitalisé pour une infection liée à un kyste hépatique, ne participera pas au vote, même s’il soumettra un avis écrit. Les huit membres restants du conseil semblent juger que le risque d’emballement de l’inflation l’emporte désormais sur celui d’un ralentissement économique, dans un contexte de flambée des prix du pétrole attisée par les tensions au Moyen-Orient. L’annonce surprise, dimanche, par le président américain Donald Trump d’un accord avec l’Iran – prévoyant la levée du blocus du détroit d’Ormuz après une signature vendredi en Suisse – pourrait toutefois modifier la trajectoire inflationniste à court terme.

Ce resserrement japonais contraste avec la posture prudente adoptée ailleurs. Dans ce que la presse financière taïwanaise qualifie de « super semaine des banques centrales », la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre devraient, selon les anticipations, maintenir leurs taux inchangés. Un statu quo qui, après des mois de resserrement, conforte les marchés dans l’idée que l’ère des hausses touche à sa fin pour les économies occidentales. À Tokyo, en revanche, la normalisation monétaire s’accélère, signe que la troisième économie mondiale cherche à sortir définitivement de la déflation tout en jugulant une inflation importée qui pèse sur les ménages.

Un autre scénario se dessine en Russie, où la Banque centrale s’oriente plutôt vers un nouvel assouplissement. Selon des analystes cités par le quotidien économique Rossiïskaïa Gazeta, l’inflation annuelle est redescendue à 5,3 % en mai, et le rouble s’est raffermi, ce qui plaide pour une réduction du taux directeur. Des facteurs d’inquiétude subsistent néanmoins : les anticipations d’inflation des ménages ont grimpé à 13 %, et l’inflation perçue atteint 15,1 %. Un responsable de Gazprombank a toutefois souligné que l’inflation du deuxième trimestre est restée inférieure aux prévisions de l’institut d’émission, ce qui pourrait justifier un geste dès la prochaine réunion.

Cette divergence des politiques monétaires, du Japon à la Russie en passant par les rives atlantiques, illustre un monde post-crise où les trajectoires nationales obéissent à des logiques contradictoires. D’un côté, les économies avancées, comme le Japon, tentent de domestiquer une inflation importée sans briser une reprise fragile ; de l’autre, des pays comme la Russie misent sur une détente pour soutenir l’activité. Les marchés financiers, quant à eux, scrutent ces signaux croisés pour ajuster leurs positions sur les obligations, les devises et les produits de spread. L’accord annoncé sur le pétrole iranien pourrait, s’il se concrétise, rebattre les cartes en atténuant les pressions sur les prix de l’énergie et, partant, en redéfinissant les priorités des banquiers centraux.

Divergence des sources

Économie · 2 sources · 2 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre100%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

2 groupes éditoriaux · 2 langues

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa del Golfo araboStampa europea continentale
Stampa del Golfo arabo
pragmatismodistacco

La Banque du Japon devrait relever son taux directeur d'un quart de point pour le porter à 1 %, son plus haut niveau depuis 1995. La réunion se tient sans le gouverneur Ueda, hospitalisé pour une inflammation, qui ne communiquera ses observations que par écrit. Une enquête auprès des analystes reflète une attente généralisée de ce resserrement.

Stampa europea continentale
pragmatismourgenza

La Banque du Japon a entamé sa réunion de deux jours dans un contexte d'attentes largement partagées d'une hausse d'un quart de point à 1 %, motivée par la crainte d'une inflation tirée par le pétrole. L'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, susceptible de lever le blocus de facto du détroit d'Ormuz, atténue les tensions sur les prix de l'énergie. Par ailleurs, les grandes banques centrales mondiales se préparent à une semaine de décisions contrastées, les États-Unis et le Royaume-Uni étant enclins à maintenir leurs taux.

Cette actualité est parue dans

2 sources · 2 langues

Articles liés

Géopolitique

Crash d’un B-52 en Californie : huit morts, une flotte vieillissante sous surveillance

15 langues · 67 sources

Sport

Iran arrache le nul face à la Nouvelle-Zélande dans un Mondial sous tension géopolitique

6 langues · 26 sources

Sport

Mondial 2026 : la Belgique évite le piège égyptien, Salah en quête d’un premier succès historique

4 langues · 27 sources

Lire plus