
Transport public : le Brésil réforme en profondeur, l’Argentine ajuste ses tarifs et élargit la gratuité
Alors que Brasília adopte un nouveau cadre légal pour réduire la dépendance aux recettes tarifaires, Buenos Aires augmente ses bolets tout en facilitant l’accès gratuit des personnes handicapées, et d’autres villes du Sud cherchent un équilibre.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a promulgué ce 15 juin une loi instaurant un nouveau cadre juridique pour le transport collectif, une réforme structurelle qui vise à rompre avec la logique d’un financement presque exclusivement assis sur le prix du billet. Le texte, publié au Journal officiel de l’Union, ouvre la voie à des mesures de gratuité et de tarification sociale, impose une transparence accrue sur les coûts des opérateurs et fixe des objectifs de ponctualité, de sécurité et d’accessibilité, tout en encourageant les technologies moins polluantes. En sanctuarisant la possibilité de subventions publiques et en diversifiant les sources de revenus du secteur, Brasília entend donner une stabilité de long terme à des réseaux souvent asphyxiés par l’inflation et la baisse de fréquentation.
En Argentine, la même journée a été marquée par une double actualité contrastée. D’un côté, le gouvernement national a confirmé qu’à partir du 19 juin les personnes handicapées pourront voyager gratuitement sur les bus de juridiction nationale et les trains sans avoir à présenter leur certificat unique d’invalidité (CUD) : le droit au transport sera directement enregistré dans la puce de la carte SUBE, y compris pour l’accompagnant éventuel. De l’autre, les usagers de l’agglomération de Buenos Aires subissent une nouvelle hausse tarifaire. Le billet minimum des bus, pour les détenteurs d’une carte SUBE nominative, est passé ce lundi à 728,28 pesos (soit +2 %, deuxième palier d’un ajustement trimestriel de 6 %), tandis que le tarif social atteint 327,72 pesos et que les voyageurs munis d’une carte non enregistrée paient désormais 1 456,56 pesos. Les trains, eux, ont déjà augmenté le 1er juin et verront leur tarif progresser chaque mois jusqu’en septembre, pour culminer à près de 450 pesos la section minimale. Des contrôles renforcés à bord visent par ailleurs à sanctionner les resquilleurs, avec des amendes dissuasives.
À l’échelle infranationale, les tensions sur les prix se déclinent selon les réalités locales. À San Miguel de Tucumán, dans le nord-ouest argentin, le conseil municipal s’apprête à voter un relèvement du ticket urbain de 1 250 à 1 600 ou 1 700 pesos, bien en deçà des 2 400 pesos réclamés par les entreprises sur la base de leurs coûts d’avril, mais qui pèsera néanmoins sur le pouvoir d’achat des habitants. Au Brésil, la ville d’Ipatinga, dans le Minas Gerais, a officialisé un tarif technique de 7 réais la course à compter du 1er juillet, tout en élargissant la subvention municipale pour que l’usager ne débourse que 5,50 réais, et en maintenant le tarif étudiant à 4,40 réais. En Indonésie, la régie Transjakarta discute encore d’une hausse des liaisons Transjabodetabek vers la grande banlieue de Jakarta, mais le gouverneur de la capitale se réserve l’annonce du montant final, signe d’une prudence politique face à l’impopularité de telles mesures.
Ces décisions éparses dessinent une tendance commune aux grandes métropoles du Sud : la recherche d’un point d’équilibre entre la soutenabilité financière des opérateurs et la protection des usagers les plus vulnérables. Le nouveau cadre brésilien, en institutionnalisant les subventions et la gratuité, pourrait inspirer d’autres pays d’Amérique latine et d’Afrique où la part des dépenses de transport dans le budget des ménages reste critique. En Europe, où la tarification solidaire et la gratuité partielle gagnent du terrain, ces expériences extra-européennes rappellent que la transition vers une mobilité inclusive passe moins par le seul prix du billet que par une refonte du contrat social entre puissance publique, opérateurs et citoyens.
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Les tarifs des bus à Buenos Aires ont augmenté de 2% lundi dans le cadre d’un ajustement progressif qui se poursuivra jusqu’en septembre. Le gouvernement a également étendu la gratuité pour les personnes handicapées, leur permettant de voyager sans présenter leur certificat. Les médias locaux détaillent les nouveaux tarifs et l’impact sur les usagers.
À Jakarta, l’opérateur de bus a déclaré que l’augmentation des tarifs des lignes suburbaines était encore en discussion, sans détails. Le gouverneur devrait annoncer la décision plus tard. La brève déclaration n’a fourni ni calendrier ni montants, laissant le public dans l’attente.
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