
L’Iran valide l’accord avec Washington : le guide suprême dénonce un Trump « désespéré »
Dans sa première réaction publique, Mojtaba Khamenei a révélé ses profondes réserves tout en autorisant un processus de paix fragile, sous la menace d’un retour des hostilités.
La parole est rare, et donc scrutée avec une attention particulière. Depuis sa désignation à la tête de la République islamique le 8 mars dernier, après la mort de son père Ali Khamenei dans les frappes américano-israéliennes du 28 février, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, n’était jamais apparu en public. C’est par un message écrit, diffusé jeudi soir sur les réseaux sociaux et lu à la télévision d’État, qu’il a brisé le silence pour commenter la signature du mémorandum d’entente avec les États-Unis. Son verdict est tranchant : il a donné son aval à un accord qu’il jugeait au départ contraire à ses principes, uniquement parce que le président américain Donald Trump, « par désespoir, a utilisé toutes sortes de leviers » pour l’obtenir.
Cette rhétorique, largement relayée par les médias officiels iraniens et les agences russes, vise à présenter Téhéran en position de force. Le guide a précisé que son feu vert était conditionné aux garanties apportées par le président Massoud Pezeshkian et le Conseil suprême de sécurité nationale, qui se sont engagés à « préserver les droits de la nation iranienne et du Front de la résistance ». En acceptant explicitement cette responsabilité, Pezeshkian endosse un risque politique considérable face aux factions les plus intransigeantes du régime. Le message de Khamenei instaure ainsi une distance stratégique : si les négociations aboutissent à un succès, le guide pourra s’en attribuer le mérite ; si elles échouent, le président en portera la faute.
Le mémorandum, signé à distance par Trump et Pezeshkian avec la médiation du Pakistan et du Qatar, prévoit une cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban où les violations israéliennes de la trêve continuent d’être dénoncées par Téhéran. Il acte la levée du blocus naval américain du détroit d’Ormuz — une artère vitale par laquelle transitent quotidiennement des millions de barils de pétrole — et le dégel d’un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars. En contrepartie, l’Iran s’engage à ne pas produire ni acquérir d’armes nucléaires. Les deux parties disposent désormais de soixante jours pour négocier un accord définitif, avec un premier round de discussions en face-à-face prévu le 19 juin en Suisse.
Les perspectives de succès restent toutefois incertaines. Si la reprise du trafic maritime a déjà fait chuter les cours du brut, les capitales européennes, à l’image de Paris, affichent un scepticisme prudent. Le président français Emmanuel Macron, qui a supervisé la signature de l’accord en marge du G7 à Versailles, a confié ne pas croire que la guerre soit « totalement terminée ». Les analystes de la région soulignent la fragilité d’un édifice qui repose sur la bonne foi d’acteurs aux intérêts divergents : Washington exige un démantèlement vérifiable du programme nucléaire iranien, tandis que Téhéran, par la voix de son guide, prévient que les futures négociations « ne signifieront pas l’acceptation du point de vue de l’ennemi » et qu’il ne cédera pas à des « exigences excessives ». La paix semble suspendue à un fil ténu, entre la désescalade militaire et la méfiance idéologique.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Le compte rendu indique de manière neutre que le Guide suprême iranien a approuvé le protocole d'accord avec les États-Unis malgré son opinion différente, après avoir reçu l'assurance que les droits de l'Iran et les intérêts du Front de la résistance seraient protégés. La décision est présentée comme une étape pragmatique prise sous des garanties spécifiques.
Le récit russe note que le Guide suprême a autorisé la signature du mémorandum malgré son opinion différente, en soulignant que le président américain a agi par désespoir et a utilisé diverses formes de pression. L'accord est présenté comme une démarche prudente de l'Iran, l'approbation du guide étant conditionnée aux garanties du président et du conseil de sécurité.
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