
Pétrole : la crise du détroit d’Ormuz entretient la volatilité des cours
Les cours du brut ont clôturé en baisse vendredi mais affichent une hausse hebdomadaire, reflet des incertitudes entre frappes militaires et reprise du dialogue américano-iranien.
Les marchés pétroliers ont vécu une semaine sous haute tension. Après avoir bondi suite à la rupture du cessez-le-feu américano-iranien et aux attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz, les cours du Brent et du WTI ont effacé une partie de leurs gains vendredi, tout en affichant une progression hebdomadaire de 5 à 6 %. Ce reflux s’explique par l’annonce d’une reprise des pourparlers diplomatiques, sous l’égide du Qatar et du Pakistan, et par l’absence de nouvelles frappes américaines contre les infrastructures énergétiques iraniennes.
Le détroit d’Ormuz, par où transitait environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant le conflit, reste le point névralgique. Le trafic a fortement ralenti, les armateurs privilégiant des corridors proches des côtes iraniennes ou éteignant leurs systèmes de localisation, mais plusieurs pétroliers et méthaniers ont franchi le passage ces derniers jours. L’Agence internationale de l’énergie a prévenu que la persistance des hostilités pourrait remettre en cause ses prévisions d’excédent d’offre en 2027, conditionnant tout retour à la normale à un accord de paix pérenne.
Les analyses divergent selon les régions. En Iran, plusieurs médias mettent en garde contre un baril à plus de 100 dollars en cas de blocus, soulignant la dépendance quasi totale des exportateurs du Golfe – Irak, Koweït, Qatar, Bahreïn – à cette voie maritime. Les observateurs occidentaux relativisent : la banque Citi table sur un retour du Brent à 70 dollars d’ici la fin de l’année en cas de réouverture complète, tandis que Commerzbank juge la prime de risque actuelle modérée au regard des pics de mars-mai. La structure du marché à terme, en backwardation extrême, reflète une pénurie physique immédiate mais aussi l’anticipation d’un rééquilibrage futur.
L’or, valeur refuge traditionnelle, n’a pas profité de ces tensions, pénalisé par les anticipations de taux d’intérêt élevés aux États-Unis, la Réserve fédérale ayant laissé entendre qu’elle pourrait resserrer sa politique pour contrer les pressions inflationnistes. En Russie, la production d’essence a chuté à environ 65 % de la consommation saisonnière après des frappes de drones ukrainiens sur des raffineries, ajoutant une pression supplémentaire sur l’offre mondiale. La suite dépendra de la capacité des médiateurs à obtenir un cessez-le-feu durable et à rétablir la liberté de navigation. Les discussions techniques se poursuivent, mais le président Trump a déclaré la trêve « terminée ». Toute nouvelle attaque contre des navires ou des infrastructures pourrait raviver la flambée des cours, tandis qu’une avancée diplomatique concrète ramènerait probablement le baril sous les 75 dollars.
| Presse iranienne et apparentée | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
L'Iran dénonce l'agression américaine et prévient que les prix du pétrole pourraient dépasser 100 dollars si le conflit s'élargit.
En mettant l'accent sur la rupture unilatérale du cessez-le-feu par Trump et les prédictions catastrophiques d'experts iraniens, un récit de victimisation et de menace imminente est construit.
Il omet l'offre de Trump de reprendre les négociations et la baisse des prix qui a suivi, ainsi que la perspective arabe selon laquelle l'armée américaine garantira l'ouverture du détroit.
La Russie observe le marché avec détachement, notant l'impact des déclarations de Trump sur les négociations.
En réduisant le conflit à un facteur technique de marché et en mettant en avant les signaux diplomatiques, le récit neutralise le sentiment de crise et présente la situation comme gérable.
Il omet le récit iranien de victimisation et les avertissements détaillés de flambée des prix au-dessus de 100 dollars, ainsi que le scepticisme arabe quant aux garanties militaires américaines.
Le monde arabe exprime son scepticisme face à l'alarmisme, confiant dans la capacité américaine à maintenir le détroit ouvert.
En citant des analystes qui s'appuient sur la puissance militaire américaine comme garantie, le récit désamorce la panique et présente la situation comme maîtrisée, marginalisant les avertissements iraniens.
Il omet les avertissements iraniens de flambée des prix au-dessus de 100 dollars et la perturbation réelle du trafic maritime, ainsi que le gain hebdomadaire de 5 à 6 % des prix du pétrole.
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