
Peppino di Capri : l’enfant de Capri qui fit danser l’Italie s’éteint à 86 ans
Le chanteur napolitain, qui popularisa le rock et le twist dans la péninsule avant de conquérir l’Europe avec « Champagne », est mort dans sa villa de Capri, où sa ville lui a rendu un dernier hommage.
Un cliché en noir et blanc le montre, tout petit, juché sur une caisse de bière, pianotant pour distraire le général américain Mark Wayne Clark et ses troupes. Nous sommes en 1943, sur l’île de Capri tout juste libérée. Quatre-vingts ans plus tard, c’est dans cette même île, au calme de sa Villa Castiglione, que Giuseppe Faiella, dit Peppino di Capri, s’est éteint le 11 juillet dernier, à l’âge de 86 ans, emportant avec lui une page entière de la chanson italienne.
Né dans une famille où la musique coulait dans les veines – un grand-père clarinettiste, un père violoncelliste tenant boutique de disques –, le petit Peppino fait ses premières gammes devant les GI’s, avant d’écumer, adolescent, les night-clubs de Capri et d’Ischia avec son ami batteur Ettore Falconieri. Chassé de ses leçons de piano par une sévère enseignante allemande qui réprouve ses nuits blanches, il plonge dans le rock’n’roll made in USA, qu’il acclimatera à la sauce napolitaine. Avec ses Rockers, il grave en 1958 « Nun è peccato », un classique immédiat, puis enchaîne les tubes qui deviendront la bande-son d’une Italie en reconstruction : « Luna caprese », « Voce ’e notte », « Roberta ». Sa version transalpine de « Let’s Twist Again » se vend à un million d’exemplaires en 1962, et le Cantagiro 1963 le consacre devant Celentano et Paoli. Plus tard, il triomphera deux fois à Sanremo, en 1973 avec « Un grande amore e niente più » et en 1976 avec « Non lo faccio più ».
Cette carrière épouse le miracle économique italien : Capri, îlot de dolce vita fréquenté par Agnelli et la jet-set, devient par son interprète un mythe exportable. Les médias germanophones rappellent que certains de ses refrains furent aussi chantés en allemand, tandis qu’au Brésil, « Roberta » se niche encore au creux des mémoires amoureuses des années 1970. La presse arabophone souligne, elle, l’aura d’un artiste capable de passer de l’italien au français ou à l’anglais, et dont « Champagne » (1973) a longtemps irrigué les ondes européennes. Partout, on le dépeint en ambassadeur d’une italianité solaire, élégante, jamais tapageuse.
L’île ne s’y est pas trompée : le maire de Capri a décrété un deuil citoyen pour les obsèques, célébrées le 12 juillet en l’église Santo Stefano, à deux pas de la célèbre Piazzetta. Dans la matinée, la dépouille avait été exposée dans la salle du conseil municipal, où anonymes et personnalités ont défilé. La presse italienne insiste sur la postérité économique de cette disparition : les droits d’auteur de son catalogue – géré notamment par la SIAE – assureront des revenus à ses trois fils durant soixante-dix ans, tandis que son label Splash, fondé en 1970 et gardien des bandes originales, reste un actif convoité. Sur Spotify, ce sont encore 266 000 auditeurs mensuels qui font vivre les mélodies de celui qui, un soir de l’été 2024, était monté sur scène pour une dernière « Champagne », ému et fragile.
Au moment où le cercueil quittait la petite église blanche, c’est l’image du gamin à la caisse de bière qui flottait dans l’air marin, cette photo qui relie l’enfant soldat de la musique au vieux monsieur disparu dans le parfum des bougainvilliers. Peppino di Capri aura passé sa vie à arrimer l’île au monde, et le monde à l’île.
| Presse européenne continentale | +0.80 | aligned |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | +0.60 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.60 | aligned |
Italy mourns the loss of a renowned son, an artist who carried the name of Capri worldwide and whose music marked generations.
The article tightly links the artist to the territory and collective memory, turning a personal death into civic mourning through local details and testimonies from fellow artists.
Latin America remembers Peppino di Capri as a singer who brought Italy to the world with 'Champagne'.
The article extracts a single hit and turns it into a symbol of an entire career, making the artist accessible to a non-Italian audience.
The Arab world pays tribute to a great figure in Italian music, emphasizing his Sanremo triumphs and international fame.
The language is impersonal and factual, without emotional commentary, presenting the death as a newsworthy event.
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