
La France intercepte un nouveau pétrolier du « shadow fleet » russe au large de la Sicile
Annoncée par Emmanuel Macron, cette opération s’inscrit dans une campagne coordonnée de l’UE visant à entraver les exportations pétrolières russes qui contournent les sanctions.
Le 23 juin, la marine française a arraisonné le pétrolier Deliver au large de la Sicile pour infraction au droit maritime, a annoncé le président Emmanuel Macron le 25 juin. Battant pavillon camerounais, le navire était parti le 4 juin du port russe de Primorsk, principal terminal pétrolier de la Baltique, à destination de Singapour. Selon la présidence française, il appartient à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour exporter son brut en contournant les sanctions occidentales.
Cette opération s’inscrit dans une campagne coordonnée au niveau européen. Depuis l’automne 2025, Paris a déjà intercepté quatre autres navires – Grinch, Boracay, Deyna et Tagor – dont certains ont été relâchés après le paiement d’amendes. Londres a de son côté saisi le Smyrtos en Manche à la mi-juin. Pour les capitales européennes, il s’agit d’accroître le coût de la guerre pour Moscou et d’assécher les financements de son effort militaire, alors que l’UE a autorisé ses États membres à immobiliser les bâtiments suspects en Méditerranée. Les institutions communautaires soulignent par ailleurs les risques environnementaux que font peser ces pétroliers vieillissants, souvent dépourvus d’assurance conforme aux normes internationales.
Moscou récuse cette qualification. Le Kremlin a indiqué qu’il examinerait toutes les options juridiques à sa disposition si la cargaison de pétrole venait à être vendue, dénonçant des actes qu’il juge contraires au droit international. Les médias russes rappellent que les sanctions occidentales sont considérées comme illégitimes et que les navires visés opèrent sous juridiction de pays tiers. Cette position est relayée par les autorités russes, qui ont élargi leur liste de personnalités européennes interdites d’entrée sur leur territoire en représailles.
La lutte contre le « shadow fleet » illustre les difficultés de la mise en œuvre des sanctions. Selon des analystes maritimes européens, les cargaisons sont souvent vendues au moment du chargement, ce qui complique l’identification du propriétaire réel, et les navires peuvent changer de pavillon pour échapper aux contrôles. L’UE a adopté plusieurs paquets de mesures restrictives, incluant l’interdiction d’accès aux ports et aux services d’assurance, mais leur application reste tributaire de la coopération des États côtiers. Dans ce contexte, la Commission européenne a réaffirmé, lors de la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine à Gdansk, que tout soutien à la Russie entraînerait des conséquences, appelant notamment la Biélorussie à démontrer qu’elle ne sert pas de base arrière aux opérations militaires russes. De nouvelles interceptions sont attendues dans les semaines à venir, alors que les Vingt-Sept préparent un nouveau train de sanctions.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les médias russes présentent l'arraisonnement comme une opération française fondée sur des accusations non étayées, en soulignant le pavillon camerounais du navire et le lien seulement présumé avec la Russie. L'incident est replacé dans une énième pression occidentale, avec l'idée que le droit maritime est appliqué de manière sélective contre Moscou.
La presse continentale européenne salue l'opération comme la preuve d'une détermination commune face à la flotte fantôme russe. L'interception du Deliver est interprétée comme un signal que les sanctions ne resteront pas lettre morte et que les pays de l'UE sont prêts à frapper ceux qui financent l'effort de guerre de Moscou.
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