
Hormuz : Washington rejette les péages iraniens et promet un accord « pas à n’importe quel prix »
En tournée dans le Golfe, Marco Rubio a averti que l’instauration de droits de passage dans le détroit d’Ormuz se propagerait « comme une contagion », tout en rassurant ses alliés sur les négociations avec Téhéran.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fermement rejeté, jeudi 25 juin 2026 à Manama, toute prétention de l’Iran à imposer des péages aux navires empruntant le détroit d’Ormuz. Devant le Conseil de coopération du Golfe (CCG), il a déclaré que les voies navigables internationales « n’appartiennent à aucun État-nation », et que céder sur ce point reviendrait à accepter un principe qui « se répandra dans le monde entier comme une contagion ». M. Rubio a simultanément affirmé que Washington souhaitait un accord avec Téhéran, mais « pas à n’importe quel prix », précisant qu’il devrait être « bon, réel, vérifiable et respecté » et ne saurait « compromettre la sécurité, la stabilité ou la prospérité » des partenaires du Golfe.
Du côté iranien, les Gardiens de la révolution ont mis en garde contre toute traversée non autorisée du détroit, qualifiée d’« inacceptable et extrêmement dangereuse », et ont dénoncé un nouveau couloir de navigation temporaire annoncé la veille par Oman en coordination avec l’Organisation maritime internationale. Téhéran, qui a imposé un blocus du détroit durant la guerre déclenchée le 28 février par une campagne de frappes américano-israéliennes, continue de présenter son projet de « frais de services maritimes » comme une prérogative régionale, tout en qualifiant le mémorandum d’entente préliminaire avec Washington de « déclaration de défaite américaine ».
Le mémorandum signé la semaine dernière entre les États-Unis et l’Iran prévoit une libre circulation sans frais pour les navires commerciaux pendant soixante jours, le temps de négocier un accord définitif. Selon des sources diplomatiques citées par l’AFP, les monarchies du Golfe, réunies autour du Qatar et d’Oman, entendent plaider pour une liberté de navigation sans contrepartie financière, tandis que l’Iran devrait réclamer une redevance pour services environnementaux et de sécurité. Des pourparlers techniques entre Américains et Iraniens, sous médiation pakistanaise, doivent reprendre dans les prochains jours, alors que le premier ministre qatari s’est rendu à Mascate pour engager des discussions élargies aux États du Golfe, à l’Irak et à l’Iran.
Au-delà du détroit, le dossier reste marqué par de fortes tensions. Le président Donald Trump a demandé au Congrès près de 88 milliards de dollars de financement supplémentaire pour couvrir le coût de la guerre, au lendemain d’un appel des parlementaires à mettre fin au conflit sans autorisation explicite. L’Iran a par ailleurs accusé l’OTAN de « complicité » dans une « guerre illicite », après que son secrétaire général, Mark Rutte, a réaffirmé le soutien de l’Alliance à Washington. Les cours du pétrole sont retombés à leurs niveaux d’avant-guerre, mais l’incertitude demeure sur le régime de passage dans le détroit à l’expiration du délai de soixante jours, alors qu’Oman tente de sécuriser un itinéraire alternatif sous supervision onusienne.
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Les États-Unis s'efforcent de rassurer leurs alliés du Golfe que leurs intérêts de sécurité seront protégés dans tout règlement final avec l'Iran. Le blocus iranien du détroit d'Ormuz pendant la guerre a exposé la vulnérabilité des expéditions pétrolières du Golfe, et Washington cherche désormais un accord tout en maintenant son rôle protecteur.
Les États-Unis ont fermement rejeté toute revendication nationale sur le détroit d'Ormuz, avertissant que les péages proposés par l'Iran créeraient un dangereux précédent. Une telle mesure pourrait se propager comme une contagion à d'autres voies navigables internationales, menaçant le commerce mondial et les flux énergétiques.
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