
L’Iran rejette le corridor maritime omanais et réaffirme son emprise sur le détroit d’Ormuz
En pleine négociation avec Washington, Téhéran met en garde contre toute traversée non autorisée du détroit, au lendemain de l’annonce par Mascate d’un couloir temporaire.
Le 25 juin, le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a déclaré que seul l’itinéraire officiellement désigné par l’Iran garantissait la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, qualifiant d’« inacceptable et extrêmement dangereuse » toute route annoncée sans coordination avec Téhéran. Cette mise en garde, diffusée par l’agence IRNA, fait directement écho à l’ouverture nocturne par le sultanat d’Oman d’un corridor temporaire longeant ses eaux territoriales, présenté comme déminé et coordonné avec l’Organisation maritime internationale. L’IRGC a en outre rappelé l’obligation pour les navires de se coordonner via le canal 16, sous peine de « mesures appropriées ».
La position iranienne s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir le contrôle acquis sur le goulet stratégique depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël, le 28 février. Selon Téhéran, l’administration du détroit « ne reviendra jamais à la situation d’avant-guerre », comme l’a souligné le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf. À l’inverse, Washington, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio en tournée dans le Golfe, a réitéré que les voies navigables internationales « n’appartiennent à aucun État » et que l’imposition de péages créerait un « chaos total » susceptible de se propager « comme une contagion » à d’autres routes maritimes. Mascate, de son côté, justifie son corridor par la nécessité de préserver la liberté de navigation et la fluidité du commerce mondial, conformément au droit international.
Cette controverse fragilise la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé le 17 juin par les présidents américain et iranien, qui prévoit le libre passage des navires commerciaux sans frais pendant soixante jours, le temps de négocier un accord définitif. Pour les places énergétiques européennes et asiatiques, l’incertitude persistante sur le statut du détroit – par où transitait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre – alimente la volatilité des prix. Les analystes de RBC Capital Markets estiment qu’un maintien de l’influence opérationnelle iranienne se traduirait par des flux durablement inférieurs aux niveaux d’avant-crise, même en cas d’accord.
Le dossier s’inscrit dans une négociation plus large, menée sous médiation pakistanaise et qatarie, où Téhéran cherche à entériner son rôle de régulateur du détroit, y compris par l’instauration de redevances pour services maritimes, tandis que Washington exige une ouverture permanente et gratuite. Les discussions en cours en Suisse doivent aboutir à un traité de paix dans un délai de soixante jours, mais la déclaration de l’IRGC rappelle que le sort du détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux points d’achoppement, avec des répercussions directes sur la sécurité énergétique des économies importatrices, de l’Europe à l’Asie du Sud-Est.
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L'Iran réaffirme sa souveraineté sur le détroit d'Ormuz, déclarant que seules les routes qu'il autorise peuvent garantir un passage sûr. Tout couloir alternatif, comme celui proposé par Oman, est rejeté comme dangereux et inacceptable. Les navires qui ne se coordonnent pas avec les forces navales iraniennes seront considérés en infraction et pourront subir des conséquences.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé un sévère avertissement contre l'utilisation de routes non autorisées dans le détroit d'Ormuz, rejetant de fait une initiative de médiation omanaise. Cette décision est perçue comme une nouvelle démonstration de force de Téhéran sur un point de passage vital pour le commerce énergétique mondial. La communauté maritime internationale observe avec inquiétude le durcissement unilatéral des règles de transit.
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