
IA et emploi : la prime aux compétences techniques creuse les inégalités salariales
Tandis que les entreprises offrent des sursalaires aux profils maîtrisant l’IA, les autres salariés voient leurs rémunérations stagner, révèle une enquête menée en Inde.
Une enquête de la plateforme Indeed auprès de 1 267 employeurs et 2 541 salariés en Inde montre que 66 % des entreprises accordent des primes salariales élevées aux postes requérant des compétences en intelligence artificielle, alors que 54 % des travailleurs occupant des fonctions exposées à l’IA ont vu leur salaire stagner ou baisser sur l’année écoulée. Ce découplage entre la valorisation externe des talents et la reconnaissance interne des effectifs existants ne se limite pas au sous-continent.
Aux États-Unis, des start-up comme Espresa ou Gomboc AI expliquent limiter leurs recrutements grâce aux gains de productivité apportés par l’IA générative, une stratégie qui pénalise particulièrement les jeunes diplômés. Selon l’antenne new-yorkaise de la Réserve fédérale, l’écart entre le taux de chômage des 22-25 ans et celui de l’ensemble de la population active a atteint en mars son plus haut niveau historique. La plateforme Stripe relève par ailleurs une explosion des créations d’entreprises unipersonnelles depuis fin 2024, l’IA comblant des besoins qui justifiaient auparavant des embauches.
En Amérique latine, le potentiel de l’IA pour doper la productivité reste largement inexploité : seules 23 % des organisations y déclarent un bénéfice économique, selon une étude citée par le quotidien mexicain El Financiero. En Suède, l’optimisme des diplômés recule : une enquête du syndicat Akavia indique que 65 % des académiciens de la région d’Östergötland anticipent des effets positifs sur leur vie professionnelle, contre 69 % un an plus tôt à l’échelle nationale. Les jeunes se montrent les plus pessimistes, craignant une automatisation des tâches d’entrée de gamme.
Christopher Pissarides, prix Nobel d’économie, a relativisé lors d’une conférence à Rio de Janeiro la menace d’un chômage de masse, estimant que l’IA agit davantage comme un outil d’assistance que de substitution. Il pointe en revanche un risque de concentration géographique des investissements – 60 % de ceux-ci se dirigent vers des métropoles comme l’axe Londres-Oxford-Cambridge – et de stagnation salariale dans les secteurs à forte composante humaine, tels que la santé ou l’hôtellerie. En Suède, le débat s’invite dans la campagne électorale : le prochain gouvernement devra trancher sur les politiques de formation continue et d’inclusion des salariés dans le déploiement de l’IA, un arbitrage qui déterminera si la transformation numérique réduit ou aggrave les fractures du marché du travail.
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.60 | aligned |
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| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
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