
Attaque meurtrière au Pakistan : le spectre des talibans pakistanais ravive les tensions avec Kaboul
Les explosions à Bannu illustrent l’insécurité persistante dans les zones tribales et la rivalité entre Islamabad et le gouvernement taliban afghan.
Samedi, deux engins explosifs improvisés ont visé un véhicule civil dans le district de Bannu (province de Khyber Pakhtunkhwa, nord-ouest du Pakistan), puis les services de secours, faisant sept morts et trois blessés. Le premier engin, actionné à distance selon la police, a tué cinq passagers d’une camionnette privée. Le second a explosé alors que les blessés étaient transportés vers l’hôpital, tuant deux autres personnes. Aucune revendication immédiate n’a été enregistrée, mais les autorités locales soupçonnent le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), groupe armé très actif dans cette zone frontalière de l’Afghanistan.
Le premier ministre Shehbaz Sharif a condamné l’attaque et réaffirmé la détermination du gouvernement à « éliminer le terrorisme » et à en « traduire les responsables en justice ». Le président Asif Ali Zardari a dénoncé les « commanditaires internes et externes du terrorisme » qui offrent refuge, soutien logistique et financier aux réseaux militants, sans toutefois nommer explicitement un pays. Le chef du gouvernement provincial a ordonné une enquête et promis une aide aux familles endeuillées. Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte de récriminations croissantes d’Islamabad à l’égard de Kaboul.
Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, les relations entre les deux voisins se sont fortement dégradées. Les autorités pakistanaises reprochent au gouvernement taliban afghan d’abriter des combattants du TTP et de ne pas empêcher les incursions transfrontalières. Kaboul rejette systématiquement ces allégations, affirmant que son territoire n’est pas utilisé comme sanctuaire. Les affrontements se sont intensifiés ces derniers mois, culminant avec des frappes aériennes pakistanaises en territoire afghan. En mars, de telles frappes près de la frontière ont tué au moins 12 civils selon les sources afghanes – ou 26 combattants talibans selon Islamabad. La principale frontière demeure largement fermée depuis une flambée de violence en octobre, paralysant le commerce bilatéral et les déplacements.
La recrudescence des violences attribuées au TTP dans les anciennes zones tribales – après l’échec des pourparlers de paix de 2022 – alimente la crainte d’une déstabilisation durable de la ceinture pachtoune, de part et d’autre de la ligne Durand. Pour les analystes régionaux, ces attaques par engins explosifs improvisés, visant tant les forces de sécurité que les civils, cherchent à saper la confiance dans l’État pakistanais. L’enquête en cours pourrait, si elle confirme l’implication du TTP, accentuer la pression pour une intervention musclée, au risque d’enliser davantage un dialogue déjà fragile.
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Le Pakistan a imputé à l'Afghanistan un double attentat à la bombe en bordure de route à Bannu qui a tué sept personnes, dont des secouristes. Les explosions télécommandées soulignent la menace transfrontalière persistante qui pèse sur la sécurité régionale.
Deux bombes ont explosé dans le district de Bannu, touchant d'abord un véhicule de passagers, puis les secouristes, faisant sept morts. Les autorités ont fourni des chiffres sur les victimes mais personne n'a revendiqué l'attentat.
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