
Joe Biden traite Donald Trump de « loser » et dénonce ses « projets de vanité » à Washington
Lors d’une collecte de fonds dans le Maryland, l’ancien président a vivement critiqué la rénovation ratée du Reflecting Pool et d’autres chantiers, ravivant les tensions au sein du Parti démocrate.
Deux ans jour pour jour après un débat télévisé qui avait précipité la fin de sa campagne, l’ancien président Joe Biden a prononcé un discours d’une virulence inédite contre son successeur, Donald Trump, lors d’un gala de collecte de fonds du Parti démocrate dans le Maryland. Selon les comptes rendus de la presse américaine et européenne, M. Biden a qualifié M. Trump de « loser » en énumérant plusieurs chantiers en cours dans la capitale fédérale : la construction d’une salle de bal dans l’aile Est de la Maison-Blanche, l’apposition — puis le retrait ordonné par la justice — de son nom sur le Kennedy Center, un projet d’arc de triomphe, et surtout la rénovation du Reflecting Pool du Lincoln Memorial, dont le coût de 14,7 millions de dollars n’a pas empêché une prolifération d’algues qui, selon l’ancien président, « reflète quelque chose de pire que le narcissisme et l’incompétence ».
L’attaque de M. Biden ne s’est pas limitée aux projets architecturaux. Des médias américains comme CNN et la BBC rapportent qu’il a accusé l’administration Trump de corruption « à une échelle jamais vue dans l’histoire américaine », dénonçant les milliards de dollars que le président aurait amassés depuis son retour au pouvoir. Il a également critiqué la tentative d’indemniser les partisans condamnés pour l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 — mesure bloquée par un juge —, ainsi que ce qu’il a décrit comme une « destruction délibérée de l’OTAN » et une préférence pour Vladimir Poutine au détriment des alliés. Du côté de la Maison-Blanche, la BBC indique qu’aucune réponse directe n’a été formulée, mais M. Trump a qualifié son rival de « politicien corrompu » sur son réseau Truth Social et a réutilisé le surnom de « Sleepy Joe ». L’exécutif et le Service des parcs nationaux attribuent par ailleurs la dégradation du bassin à des actes de vandalisme imputés à la « gauche radicale ».
Dans les commentaires de la presse européenne, de Paris à Berlin en passant par Rome et Zurich, ce nouvel épisode est analysé comme le symbole d’une conflictualité politique qui ne faiblit pas. Le Figaro souligne l’ironie d’un bassin devenu « marécage » alors que M. Trump avait fait du « drainage du marécage » un slogan de campagne. Le Tages-Anzeiger et Bild mettent en avant la situation personnelle de M. Biden, qui, à 83 ans et malgré un cancer de la prostate rendu public, cherche à peser sur l’héritage de sa présidence et à mobiliser l’électorat démocrate en vue des élections de mi-mandat. La presse italienne (Affari Italiani) et canadienne (Le Devoir) relèvent que le discours coïncide avec une volonté de l’ancien président de revenir sur le devant de la scène, alors même que sa cote de popularité est tombée à 30 % selon un sondage CNN, un plus bas historique.
Cette offensive intervient dans un contexte de divisions au sein du Parti démocrate. Plusieurs médias américains, dont le New York Times et la New York Post, citent des cadres et d’anciens collaborateurs qui jugent contre-productive cette résurgence publique, estimant qu’elle rouvre les plaies de la défaite de 2024. Parallèlement, le fils de l’ancien président, Hunter Biden, a lancé un défi en arts martiaux mixtes au fils de Donald Trump, Don Jr., accusant ce dernier d’avoir « désacralisé » la pelouse de la Maison-Blanche en y organisant des combats. Les prochaines échéances électorales, avec les élections de mi-mandat prévues en novembre 2026, constituent le cadre immédiat dans lequel ces joutes s’inscrivent, alors que les deux camps testent des lignes d’attaque appelées à structurer la mobilisation de leurs bases respectives.
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L’affaire du bassin réfléchissant devient une métaphore parfaite de l’échec et de la vanité de la présidence Trump. Un projet pharaonique coulé par des accusations de sabotage et des illusions de grandeur, symbole d’une administration chaotique.
Biden attaque frontalement Trump en le traitant de 'loser' et en l’accusant de narcissisme et de corruption. L’ex-président profite de l’anniversaire du débat pour une collecte de fonds démocrate, relançant l’affrontement politique.
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