
Israël : l’ex-chef d’état-major Gadi Eisenkot s’impose comme le principal rival de Nétanyahou
À l’approche des élections du 27 octobre, l’ancien général devance le Likoud dans les sondages et cristallise le rejet d’une partie de l’électorat envers le premier ministre sortant.
À trois semaines du scrutin législatif israélien, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot s’affirme comme le concurrent le plus sérieux du premier ministre Benyamin Nétanyahou. Selon un sondage de la chaîne israélienne Channel 12, largement repris par la presse internationale, sa formation Yashar (« droit », « intègre » en hébreu) obtiendrait 23 sièges à la Knesset, contre 22 pour le Likoud, et 43 % des personnes interrogées le jugent le plus apte à diriger le gouvernement, contre 34 % pour Nétanyahou. Cette dynamique, inédite depuis le début de la campagne, place l’élection du 27 octobre sous le signe d’un référendum sur la gestion de l’après-7 octobre 2023 par le plus ancien chef de gouvernement de l’histoire du pays.
Le programme en dix points de Gadi Eisenkot, détaillé par des médias asiatiques et européens, mêle restaurations institutionnelles et inflexions sécuritaires. Il promet la création d’une commission d’enquête étatique sur l’attaque du Hamas, exigence portée par des dizaines de milliers d’Israéliens dans la rue, à laquelle la coalition sortante oppose un mécanisme contrôlé par les politiques. Sur le plan militaire, l’ancien général, crédité par plusieurs think tanks israéliens d’avoir conceptualisé la « doctrine Dahiya » de riposte disproportionnée contre le Hezbollah au Liban, entend renforcer les frontières et instaurer un service national universel incluant les ultra-orthodoxes et les citoyens arabes. Il défend par ailleurs l’indépendance judiciaire, l’État de droit et la liberté de la presse, tout en jugeant « hors de propos » la perspective d’un État palestinien après les massacres d’octobre.
La campagne a pris un tour personnel après la diffusion, par le premier ministre lui-même, d’une vidéo générée par intelligence artificielle. On y voit Eisenkot courir vers un jeune homme arborant le slogan « Unité israélienne » avant de se détourner pour embrasser le dirigeant du parti arabe Ra’am. Pour de nombreux commentateurs israéliens, cités par la presse nordique et américaine, cette séquence constitue une allusion à peine voilée au fils du candidat, Gal Eisenkot, tué lors d’une opération de sauvetage d’otages à Gaza, ainsi qu’à deux de ses neveux également morts au combat. L’indignation a traversé les rangs du Likoud lui-même, plusieurs anciens ministres dénonçant une « humiliation » pour le chef du gouvernement, tandis que le camp Eisenkot y voit la marque d’un pouvoir aux abois.
Issu d’une famille d’immigrés marocains installée à Eilat, à la périphérie géographique et sociale du pays, Eisenkot cultive un profil opposé à celui de Nétanyahou, héritier des élites ashkénazes. La presse germanophone souligne son absence de charisme et son style « besogneux », perçu par une partie des classes moyennes israéliennes comme un gage de sérieux après des années de polarisation. Reste que son positionnement sur le conflit israélo-palestinien demeure flou, au-delà de la promesse de faire respecter la loi face aux violences des colons. Le scrutin s’annonce comme un test de la capacité de l’opposition à capitaliser sur l’usure du pouvoir en place, dans un contexte où la guerre à Gaza et l’extension régionale du conflit continuent de dominer l’agenda sécuritaire.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Continental Europe judges Eisenkot as a low-charisma but effective candidate, while condemning Netanyahu for his personal attack on the opponent's dead son.
The bloc builds its credibility by alternating a detached analysis of Eisenkot's qualities with a direct moral accusation against Netanyahu, creating a contrast between technical competence and personal disloyalty.
The bloc (in the Swedish version) omits the polls showing Eisenkot ahead, weakening the factual basis of his rise.
The Atlantic bloc presents the electoral challenge as a referendum on Netanyahu's leadership, relying on polls to demonstrate Eisenkot's rising popularity.
The bloc makes its position plausible by citing precise numerical data (Channel 12 polls) and framing the competition as a choice between continuity and change, without taking an explicit stance.
The bloc omits the accusation that Netanyahu mocked Eisenkot's dead son, a factor that could sway voters.
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