
Iran : l’absence du nouveau guide suprême aux obsèques d’Ali Khamenei interroge sur l’équilibre du pouvoir
L’invisibilité de Mojtaba Khamenei depuis sa nomination en mars, y compris lors de l’inhumation de son père le 9 juillet, alimente les spéculations sur son état de santé et le rôle accru des Gardiens de la révolution.
L’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei a été inhumé le 9 juillet dans le mausolée de l’imam Reza à Mashhad, au terme d’une semaine de processions funèbres ayant mobilisé des millions de personnes en Iran et en Irak. L’événement, qui clôturait plus de quatre mois d’attente depuis son assassinat lors d’une frappe américano-israélienne le 28 février, a été marqué par l’absence de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. Nommé guide suprême début mars, ce dernier n’a fait aucune apparition publique ni diffusé de message écrit, une discrétion que des sources iraniennes de haut rang citées par Reuters attribuent à des blessures et à une défiguration faciale subies lors de l’attaque, ainsi qu’à des impératifs de sécurité.
Selon le président iranien Massoud Pezeshkian, qui s’est exprimé en mai, l’état de santé du nouveau guide s’améliore, mais aucune image récente n’a été rendue publique. Pour les analystes de l’Institut de hautes études internationales de Genève, cette absence prolongée, y compris à l’enterrement de son père, résulte d’une combinaison de blessures le rendant « non présentable » et du risque que ses apparitions servent à préparer un attentat. D’après le centre de réflexion américain United Against Nuclear Iran, Mojtaba Khamenei apparaît comme un « leader plus faible » que son père, plus dépendant des Gardiens de la révolution (IRGC) qui ont soutenu sa nomination. La présence à Téhéran du commandant des Gardiens Ahmad Vahidi, dont le prédécesseur a été tué dans la même frappe, et la mise à l’écart des anciens présidents lors des cérémonies illustrent, selon ces observateurs, un déplacement de l’équilibre des pouvoirs au profit de l’appareil sécuritaire.
L’invisibilité du guide suprême commence à susciter des interrogations au sein de la population iranienne, comme en témoignent des habitants de Téhéran et d’Ispahan interrogés par Reuters, qui évoquent un besoin de voir un dirigeant en période de crise. La chorégraphie funéraire a mis en scène les autres fils de l’ayatollah défunt et un petit-fils de l’imam Khomeini, chargé de s’exprimer au nom de Mojtaba lors d’une cérémonie de deuil, afin de souligner la continuité du système clérical. La diffusion virale d’une vidéo montrant un homme au visage masqué lors de l’enterrement, rapidement démentie par un religieux iranien, reflète l’attention portée à cette absence. Des chercheurs du Middle East Institute estiment que Mojtaba Khamenei ne pourra ni reproduire le charisme de Khomeini ni l’autorité bâtie par son père en près de quatre décennies, et qu’il gouvernera probablement à travers les institutions plutôt qu’au-dessus d’elles.
Cette transition intervient dans un contexte de guerre avec les États-Unis et Israël, marqué par une trêve fragile et une reprise des hostilités cette semaine, avec des frappes américaines sur 170 cibles iraniennes et des tirs de représailles de Téhéran contre des bases américaines dans le Golfe. Des efforts diplomatiques menés par le Qatar se poursuivent, tandis que le président iranien a remercié Bagdad pour l’accueil réservé aux cérémonies en Irak. La prochaine étape symbolique sera l’intervention d’Ali Khomeini au nom du guide suprême, alors que la question de la visibilité de Mojtaba Khamenei et de l’influence des Gardiens de la révolution reste au cœur des incertitudes sur l’évolution du régime.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
| Presse chinoise | 0.00 | neutral |
L'Occident observe avec inquiétude le vide de pouvoir à Téhéran et remet en question la résilience du régime.
En mettant l'accent sur l'absence de preuves de vie et de communication officielle, il construit un récit de crise imminente.
Il omet la possibilité que Mojtaba soit simplement en train de se rétablir et que son apparition soit imminente, comme rapporté par d'autres sources.
L'Asie du Sud-Est rapporte avec confiance l'imminente apparition publique du nouveau leader, signe de stabilité.
Il s'appuie sur des sources locales et des déclarations officielles pour présenter un tableau rassurant, minimisant les incertitudes.
Il ne discute pas des raisons de la longue absence ni des spéculations sur les conflits internes, se concentrant uniquement sur l'événement positif.
La Chine analyse avec détachement les implications de l'absence, sans alarmisme, soulignant les changements possibles dans le rôle du leader.
Il adopte un ton équilibré, citant à la fois les préoccupations sanitaires et les considérations stratégiques, pour présenter une analyse objective.
Il ne met pas l'accent sur le vide de pouvoir ni sur la fragilité du régime, contrairement à la presse atlantique.
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