
Iran : exécutions imminentes de manifestants et escalade militaire régionale
Le transfert en isolement de douze condamnés à mort à Ispahan, sur fond de reprise des frappes américano-iraniennes, cristallise la double crise intérieure et extérieure du régime.
Le transfert, le 27 tir, de quatorze détenus de la prison de Dastgerd à Ispahan vers des cellules d’isolement a ravivé la crainte d’exécutions imminentes parmi les condamnés du dossier dit de la « place Alikhani ». Selon des informations relayées par Iran International et IranWire, douze de ces prisonniers, jugés pour leur participation aux manifestations du « soulèvement national », ont vu leur peine capitale confirmée par la Cour suprême. Des sources proches des détenus indiquent que l’un d’eux, Erfan Esfandiari, 19 ans, a été convoqué pour une ultime visite, tandis que des grèves de la faim ont éclaté dans l’établissement pour dénoncer ces transferts. Parallèlement, à Shahrud, plusieurs autres manifestants arrêtés lors des troubles de décembre 2025, dont Arvin Khirkhahan, 20 ans, sont sous le coup de condamnations à mort, selon IranWire.
Cette accélération de la répression judiciaire s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement pénal. L’organisation des droits humains Iran Human Rights a confirmé qu’une grève de la faim collective se poursuit à la prison de Qezelhesar, où environ 1 500 condamnés à mort pour des infractions liées aux stupéfiants protestent contre l’exécution programmée de six codétenus. Amnesty International a rappelé qu’en 2025, la République islamique a procédé à un nombre « sans précédent » de 2 159 exécutions, portant le total mondial à son plus haut niveau depuis 1981. Dans le même temps, la justice de Qom a condamné la photographe Tahmineh Monzavi et huit autres participants au « concert du caravansérail » à 74 coups de fouet, deux ans d’interdiction d’exercer et de quitter le territoire, pour « outrage à la pudeur publique » après la diffusion d’une performance sans hijab obligatoire.
Sur le plan extérieur, la région est entrée dans une nouvelle phase d’affrontements directs. Après sept nuits consécutives de frappes américaines contre des positions militaires et logistiques en Iran, le Corps des gardiens de la révolution islamique a lancé une vague d’attaques de missiles et de drones contre les alliés de Washington dans le Golfe. Le Koweït a été visé à plusieurs reprises, avec des impacts sur une usine de dessalement et l’interruption du trafic aérien ; Bahreïn et la Jordanie ont également été ciblés, selon les médias d’État iraniens. Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé la poursuite de ses opérations contre des centres de surveillance, des infrastructures logistiques et des capacités navales iraniennes, tandis que le Pentagone achemine des renforts de chasseurs F-16 et F-35. Les deux parties ont étendu les hostilités au domaine maritime : Washington a annoncé un blocus naval et Téhéran a menacé de frapper les navires ne respectant pas ses règles de passage dans le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial.
Les conséquences économiques et humanitaires se font déjà sentir. Le prix du baril a bondi de plus de 4 % le 27 tir, atteignant son plus haut niveau en plus d’un mois, accentuant la pression politique sur le président Trump à l’approche des élections de mi-mandat. Des frappes ont endommagé des centrales électriques et des pompes de dessalement à Jask, dans le sud de l’Iran, privant d’eau une vingtaine de villages selon l’agence Tasnim. Aucune médiation internationale n’a pour l’heure abouti à une désescalade, et les chancelleries occidentales, de Paris à Bruxelles, suivent avec inquiétude une situation où la répression intérieure et l’aventure militaire se nourrissent mutuellement. Le sort des douze condamnés d’Ispahan, dont l’exécution pourrait intervenir dans les prochaines 48 heures, est désormais scruté comme un marqueur de la trajectoire du régime.
| Presse iranienne et apparentée | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.90 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
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