
Mexique : l’enregistrement obligatoire des mobiles menace de déconnecter 60 millions d’usagers
À quelques jours de l’échéance du 30 juin, seules 43 % des lignes mexicaines sont liées à une identité, ravivant les craintes d’un « apagón telefónico » et les appels à une prorogation.
Au Mexique, l’obligation d’associer chaque ligne mobile à la Clé unique de registre de la population (CURP) avant le 30 juin 2026 pourrait entraîner la suspension de près de 60 millions de numéros, selon les projections du Sénat. D’après la Commission de régulation des télécommunications (CRT), seules 62,5 millions de lignes sur les 144,5 millions actives étaient enregistrées au 22 juin, soit un taux de conformité de 43 %. Le rythme quotidien d’inscriptions, estimé à 750 000, ne permettrait pas d’atteindre l’exhaustivité, laissant craindre une déconnexion massive qui affecterait l’accès aux services bancaires, éducatifs et de santé pour une large part de la population.
La présidente Claudia Sheinbaum a défendu la mesure comme un outil de lutte contre l’extorsion et les fraudes, rejetant les accusations d’espionnage et rappelant que les données personnelles restent conservées par les opérateurs, non par l’État. À l’opposé, des sénateurs du Parti action nationale (PAN) et de Movimiento Ciudadano (MC) ont déposé des initiatives pour prolonger le délai de 120 à 360 jours, dénonçant une « crise opérationnelle » et le risque d’exclusion numérique pour les foyers à bas revenus et les communautés rurales. La Confédération des chambres de commerce (Concanaco Servytur) a en revanche refusé de demander un report, appelant les citoyens à « ne pas faire les choses à la mexicaine » et à assumer les conséquences d’un défaut d’enregistrement.
Les réticences des usagers s’expliquent en partie par une défiance institutionnelle alimentée par des antécédents de fuites de données, comme celle du registre RENAUT en 2012. Des organisations de la société civile pointent l’absence de garanties claires sur le stockage et l’accès aux informations biométriques, tandis que la réutilisation par les opérateurs de données contractuelles à des fins de sécurité publique soulève des interrogations juridiques au regard de la loi mexicaine sur la protection des données. Le secteur bancaire, par la voix de BBVA México, a précisé que les applications mobiles ne seraient pas bloquées mais que la suspension des données mobiles et des SMS pourrait entraver l’activation de nouveaux comptes ou la récupération d’accès.
Cette tentative mexicaine s’inscrit dans un mouvement mondial : selon la GSMA, environ 160 pays imposent un lien entre carte SIM et identité. En Indonésie, à partir du 1er juillet 2026, la vérification faciale deviendra obligatoire pour les nouveaux abonnés, mais les utilisateurs existants ne seront pas contraints de se réenregistrer, a précisé le ministère de la Communication et du Numérique. Au Mexique, l’exécutif a annoncé une communication imminente sur une éventuelle prorogation ou une suspension progressive, tandis que les propositions législatives restent en attente d’examen par les commissions du Sénat.
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L'Indonésie rendra la reconnaissance faciale obligatoire pour les nouvelles cartes SIM à partir de juillet 2026, mais les utilisateurs existants ne sont pas tenus de se réenregistrer. La nouvelle réglementation remplace les anciennes méthodes de vérification d'identité et vise à renforcer la sécurité des télécommunications.
Le Mexique fait face à la date limite du 30 juin pour lier les lignes mobiles à la carte d'identité nationale, avec plus de 60 millions de numéros menacés de suspension. Le secteur privé s'oppose à un report, tandis que des voix politiques alertent sur un 'black-out téléphonique' affectant les services bancaires, de santé et d'éducation.
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