
Giancarlo Esposito, de la froideur de Gus Fring à la prosternation dans une mosquée marocaine
L’acteur américain se serait converti à l’islam lors du tournage d’un film en Arabie saoudite, une annonce portée par les autorités du royaume et largement commentée de l’Indonésie à l’Italie.
Sur les images qui circulent depuis quelques jours, on le voit agenouillé, les mains posées sur les cuisses, le regard tourné vers le sol. Giancarlo Esposito, visage de marbre et silhouette élancée, prie dans une mosquée marocaine aux côtés de l’équipe de production du film Seven Dogs. L’homme qui a incarné l’un des criminels les plus glaçants de l’histoire des séries, Gustavo « Gus » Fring, se fond ici dans le geste collectif de la salât, la prière rituelle musulmane. La scène, filmée et partagée par Turki Al-Sheikh, président de l’Autorité générale du divertissement saoudien, a aussitôt fait le tour des réseaux sociaux, brouillant la frontière entre la performance d’un acteur en tournage et l’intimité d’un cheminement spirituel.
Selon les déclarations de Turki Al-Sheikh relayées par le quotidien Saudi Gazette, l’acteur américain de 68 ans aurait prononcé la shahada, la profession de foi qui scelle l’entrée dans l’islam, au cours de son séjour professionnel dans le royaume wahhabite. Cette décision serait née, d’après le responsable saoudien, des « expériences positives » vécues au contact des musulmans rencontrés pendant le tournage, et de l’hospitalité ressentie sur place. Giancarlo Esposito lui-même n’a, à ce jour, publié aucune confirmation officielle, laissant le récit de sa conversion reposer entièrement sur la parole des autorités culturelles saoudiennes.
Cette annonce intervient alors que l’Arabie saoudite déploie une stratégie ambitieuse pour se positionner comme un hub cinématographique régional, dans le cadre du plan Vision 2030. Le film Seven Dogs, production d’action réunissant Esposito et les stars égyptiennes Ahmed Ezz et Karim Abdel Aziz, s’inscrit dans cette dynamique d’attraction de talents internationaux vers des décors comme Al-Ula ou Neom. La presse iranienne, à l’image de Hamshahri Online, a souligné ce contexte de développement accéléré de l’industrie du divertissement saoudienne, tandis que les médias du sous-continent indien et d’Asie du Sud-Est y ont vu un exemple de l’influence culturelle que peut exercer un environnement de travail imprégné de valeurs religieuses.
La nouvelle a suscité une vague de réactions bien au-delà de la péninsule arabique. En Indonésie, pays au plus grand nombre de musulmans au monde, les commentaires sur les portails CNN Indonesia et Media Indonesia ont été empreints d’une ferveur bienveillante, de nombreux internautes offrant prières et félicitations à celui qu’ils considèrent désormais comme un frère dans la foi. Au Bangladesh, le quotidien Prothom Alo a retracé la carrière de l’acteur, rappelant que sa renommée mondiale doit tout à ce personnage de trafiquant méthodique et courtois, capable de faire passer la terreur dans un simple ajustement de cravate. En Italie, Il Fatto Quotidiano a sobrement rapporté les faits, insistant sur la gratitude exprimée par Esposito envers la communauté musulmane et sur l’absence de déclaration directe de l’intéressé.
Reste cette image, celle d’un acteur dont le visage est associé à la violence contenue et au pouvoir occulte, incliné dans la lumière d’une mosquée marocaine. Qu’elle soit le témoignage d’une transformation intime ou le fragment d’un récit promu par un État en quête de rayonnement, elle rappelle que les trajectoires personnelles se faufilent parfois dans les interstices des grandes productions internationales, là où le jeu s’efface un instant devant le geste du croyant.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les médias iraniens rapportent la conversion à l'islam de l'acteur américain Giancarlo Esposito en Arabie saoudite, en soulignant l'annonce de l'autorité saoudienne du divertissement. L'événement est présenté comme un exemple de soft power saoudien, avec une pointe de scepticisme quant à la spontanéité de cette conversion.
Les médias d'Asie du Sud-Est célèbrent la conversion à l'islam de Giancarlo Esposito lors d'un tournage en Arabie saoudite, la présentant comme une transformation spirituelle positive inspirée par ses échanges avec des musulmans. La nouvelle est accueillie avec enthousiasme, en soulignant la récitation de la chahada et sa participation à la prière.
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