
Ghana-Colombie : le « devoir africain » de Carlos Queiroz face à son passé
Avant le huitième de finale du Mondial 2026, le sélectionneur portugais du Ghana a érigé la qualification en mission continentale, tout en rouvrant une plaie personnelle avec la Fédération colombienne.
« C’est notre devoir. » Devant la presse réunie au Kansas City Stadium, Carlos Queiroz n’a pas seulement évoqué un match de football. Alors que le Ghana s’apprête à affronter la Colombie en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le technicien portugais a endossé le costume de porte-drapeau d’un continent. Sur les neuf nations africaines qualifiées pour les phases de groupes – un record –, seul le Maroc a pour l’instant franchi le cap des huitièmes. Les éliminations successives du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la RD Congo et de l’Afrique du Sud ont alourdi le bilan, et la presse ghanéenne comme les médias panafricains placent désormais les Black Stars face à une responsabilité historique : éviter que l’Afrique ne disparaisse prématurément du tableau final.
Le contexte donne à cette rencontre une densité particulière, que le parcours personnel de Queiroz vient encore épaissir. Entre 2019 et 2020, le Portugais dirigeait la sélection colombienne, une expérience brutalement interrompue par la pandémie de Covid-19. En conférence de presse, il a choisi de rouvrir ce chapitre douloureux en rappelant le décès de son entraîneur des gardiens, Des McAleenan, victime d’une dépression sévère après avoir été confiné seul à Bogotá pendant vingt et un jours. « La Fédération colombienne a l’opportunité de réparer ce qui est arrivé à Des et à sa famille », a-t-il lancé, mêlant l’intime au sportif. La presse colombienne, qui suit avec attention les retrouvailles entre l’ancien sélectionneur et James Rodríguez, a relevé la charge émotionnelle de cette déclaration, tout en soulignant que Queiroz a refusé d’alimenter toute polémique sur un supposé différend avec le meneur de jeu.
Sur le plan tactique, le Ghana aborde ce rendez-vous avec la confiance d’une équipe qui a montré une solidité défensive inédite – deux buts encaissés en trois matchs de groupe, dont un nul vierge face à l’Angleterre. Le capitaine Jordan Ayew, formé à Marseille et passé par Crystal Palace, a balayé la défaite contre la Croatie comme un « accident » et martelé que « chaque match commence à 50-50 ». La presse ghanéenne insiste sur la préparation méticuleuse de Queiroz, qui a étudié « la Colombie d’aujourd’hui, pas celle d’hier », et sur la motivation supplémentaire puisée dans les récentes inondations à Accra, auxquelles Ayew a fait référence en promettant de « rendre le Ghana et l’Afrique fiers ».
En face, la Colombie de Néstor Lorenzo arrive invaincue de son groupe, avec une défense qui n’a cédé qu’une fois et un secteur offensif emmené par Luis Díaz et James Rodríguez. Les observateurs sud-américains soulignent la discipline collective retrouvée d’une équipe qui avait manqué le Mondial 2022. Queiroz lui-même a reconnu une formation « très bien organisée », tout en rappelant qu’« il n’y a pas d’équipe parfaite ». Le vainqueur de ce duel inédit entre les deux nations retrouvera la Suisse ou l’Algérie en huitièmes de finale, avec l’espoir, pour le Ghana, de renouer avec l’épopée de 2010 et son quart de finale sud-africain.
| Presse africaine subsaharienne | +0.60 | aligned |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
Ghana must honor Africa: it is a moral and sporting duty that cannot be shirked.
It builds a collective African identity opposed to an external 'other' (Colombia, Europe), turning a match into a test of continental dignity.
It omits that Ghana has failed similar calls in the past, and does not discuss Colombia's technical standing as an opponent.
Queiroz tries to motivate Ghana with a duty speech, but the match is decided on the pitch, not by words.
It adopts a detached, analytical tone, treating the appeal as one element among many, reducing its moral weight to mere communication strategy.
It does not report Ghanaian players' reactions or the historical context of Africa-Colombia relations, which could lend depth to the appeal.
Ghana talks about duty, but Colombia plays football, not continental missions.
It dismantles the appeal by reducing it to a weak motivational strategy, contrasting Colombian pragmatism with African rhetoric.
It does not acknowledge the legitimacy of pan-African sentiment nor cite precedents of continental solidarity in football.
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