
Frappes massives sur Kiev : Moscou soupçonné de constituer des stocks de drones pour des offensives plus intenses
Au moins trente morts après une attaque russe de grande ampleur, alors que des experts occidentaux évoquent une stratégie de thésaurisation d’armements pour des frappes futures plus dévastatrices.
Une salve de près de 500 drones et de plusieurs dizaines de missiles s’est abattue sur Kiev et d’autres régions ukrainiennes dans la nuit du 2 au 3 juillet, causant la mort d’au moins trente civils et en blessant une centaine, selon les autorités locales. Cette opération, l’une des plus meurtrières contre la capitale depuis le début de l’invasion à grande échelle, survient après un mois marqué par une baisse notable des bombardements aériens russes de grande envergure. Dans les milieux de la défense en Europe du Nord, on avance l’hypothèse que Moscou aurait délibérément réduit la fréquence de ses attaques pour accumuler des stocks de drones et de missiles, en vue de concentrer ses coups à un moment choisi par le Kremlin. L’Institute for the Study of War, un centre de réflexion américain, juge également possible que la production de drones ait été réorientée vers des modèles à réaction, plus difficiles à intercepter et plus destructeurs.
Moscou a justifié cette offensive par la nécessité de riposter aux récentes frappes ukrainiennes contre ses infrastructures énergétiques, affirmant avoir visé des cibles militaires, des sites énergétiques et des aérodromes. Les autorités ukrainiennes, par la voix du président Volodymyr Zelensky, ont immédiatement réitéré leur demande de systèmes antiaériens supplémentaires, en particulier de missiles antibalistiques, et ont exprimé l’espoir d’obtenir des licences américaines pour la production de batteries Patriot. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a qualifié l’attaque d’« épouvantable », tandis que le président américain Donald Trump a de nouveau plaidé pour une fin rapide des hostilités afin de mettre un terme aux « morts insensées ».
Au sol, les dégâts sont considérables : un immeuble résidentiel de neuf étages s’est effondré, un hôtel historique du centre-ville a été endommagé, tout comme une station d’ambulances et un dépôt de la Croix-Rouge. Un incendie dans un dépôt de carburant a provoqué une pollution atmosphérique record, poussant les autorités à recommander le confinement à domicile. Parallèlement, les forces ukrainiennes ont intensifié leurs propres frappes de drones contre la péninsule de Crimée occupée, avec l’objectif affiché, selon le commandement des systèmes sans pilote, d’isoler complètement la péninsule et d’en rendre le stationnement militaire intenable. Cette escalade réciproque s’inscrit dans un contexte où les alliés de l’OTAN ont promis une aide de 70 milliards d’euros d’ici l’année prochaine.
Dans certaines capitales latino-américaines, des observateurs interprètent l’attaque comme un message adressé aux Européens, au moment où l’Alliance atlantique discute d’un soutien accru à l’Ukraine, et y voient le signe d’une préparation à un conflit plus large. La question de la fourniture de systèmes de défense antiaérienne et des licences de production devrait dominer les discussions de l’OTAN dans les prochains jours, alors que les alliés cherchent à concrétiser leurs engagements financiers et que Kiev insiste sur l’urgence de renforcer son bouclier antimissile.
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