
Tebas exige la démission d’Infantino et accuse la FIFA de « détruire l’industrie du football »
Dans un entretien à La Gazzetta dello Sport, le président de la Liga espagnole dénonce l’expansion du Mondial à 64 équipes, l’ingérence politique américaine et un système de gouvernance « vicié à la base ».
Au lendemain du sacre mondial de l’Espagne, le patron de la Liga, Javier Tebas, a livré une charge d’une virulence inédite contre Gianni Infantino et la FIFA. Dans les colonnes du quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport, le dirigeant espagnol a estimé que le temps du président de la fédération internationale était « révolu » et a appelé à sa démission, accusant l’instance de « détruire l’industrie du football » par une expansion déraisonnée des compétitions internationales au détriment des championnats nationaux.
La cible immédiate de cette colère est le projet, porté par la CONMEBOL sud-américaine et évoqué par Infantino lui-même, d’élargir la Coupe du monde 2030 à 64 sélections. Pour Tebas, une telle fuite en avant est « irresponsable » : « L’industrie du football ne se résume pas à la Coupe du monde, aussi importante soit-elle. Ce sont les compétitions nationales qui font vivre ce sport. » Alors que l’édition 2026, organisée en Amérique du Nord, est déjà passée à 48 participants, le président de la Liga rappelle que les ligues domestiques génèrent des dizaines de milliers d’emplois et ne sauraient être sacrifiées pour un tournoi d’une quarantaine de jours auquel seule une minorité de joueurs prend part.
L’entretien met également en lumière un épisode qui, vu d’Europe, illustre les dérives d’une gouvernance personnalisée à l’extrême : la suspension de la sanction infligée à l’attaquant américain Folarin Balogun après un carton rouge, levée à la suite d’un appel du président Donald Trump. Tebas y voit « une affaire d’une extrême gravité » et estime que si la Belgique n’avait pas éliminé les États-Unis en huitièmes de finale, l’affaire aurait pu coûter son poste à Infantino. « Ils ont eu de la chance, ils ont pu enterrer le dossier. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », a-t-il ajouté, dénonçant au passage les pauses hydratation imposées dans des stades climatisés, qu’il qualifie de « mensonge publicitaire ».
Au-delà des cas particuliers, c’est l’architecture même du pouvoir au sein de la FIFA que Tebas met en cause. Il décrit un « système malade à la racine » où aucun candidat d’opposition n’ose se présenter face à Infantino, assuré du soutien de la grande majorité des fédérations nationales. « Personne ne veut se présenter pour perdre », résume-t-il, tout en fustigeant le silence complice de nombreux dirigeants qui, en privé, critiquent le président de la FIFA mais s’abstiennent de toute action publique. Cette fracture entre les instances européennes et Zurich s’est d’ailleurs illustrée par l’absence remarquée du président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, à la finale du Mondial, sur fond de désaccords persistants sur les procédures disciplinaires et l’arbitrage.
La prochaine élection à la présidence de la FIFA, prévue en mars 2027 au Maroc, s’annonce donc comme un rendez-vous sous tension. Alors que l’Espagne, le Portugal et le Maroc s’apprêtent à co-organiser le Mondial du centenaire en 2030, la sortie de Tebas rappelle que le bras de fer entre les ligues nationales et l’instance mondiale est loin d’être apaisé. La question du calendrier international et de la protection des championnats domestiques promet de dominer les débats dans les mois à venir.
| Presse européenne continentale | −0.90 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
Le système de la FIFA est malade, Infantino doit partir. La ligue espagnole dénonce une direction irresponsable qui détruit le football.
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