
Erevan renonce à extrader le mathématicien russe Mikhaïl Verbitski vers la Russie
Arrêté le 11 juin à l’aéroport de la capitale arménienne en vertu d’un mandat d’arrêt russe, le chercheur de l’Institut de mathématiques pures et appliquées de Rio de Janeiro échappe à une remise aux autorités de Moscou, selon des défenseurs des droits.
Le mathématicien et blogueur russe Mikhaïl Verbitski, interpellé le 11 juin à l’aéroport international Zvartnots d’Erevan alors qu’il arrivait en Arménie, ne sera pas extradé vers la Russie. L’information a été confirmée par Artour Sakounts, responsable de l’Assemblée citoyenne d’Helsinki « Vanadzor », une organisation de défense des droits humains basée en Arménie. Après son placement en rétention provisoire, M. Verbitski devait être libéré dans un délai de 72 heures si Moscou ne formulait pas de demande d’extradition ; les autorités arméniennes ont finalement annoncé qu’aucune remise n’aurait lieu, seules quelques procédures juridiques restant à accomplir.
Le chercheur, installé depuis 2017 à l’Institut de mathématiques pures et appliquées (IMPA) de Rio de Janeiro, est visé en Russie par deux affaires pénales : « discréditation » des forces armées et « apologie du terrorisme ». Selon son épouse, Ioulia Fridman, ce second volet porte sur les doutes qu’il a exprimés quant à la version officielle de l’enquête sur l’attentat du Crocus City Hall, près de Moscou, en mars 2024. Depuis janvier 2025, Mikhaïl Verbitski figure sur la liste russe des terroristes et extrémistes, ce qui justifiait son inscription au fichier des personnes recherchées. C’est sur cette base qu’il a été repéré puis arrêté à Erevan, où il avait atterri depuis le Brésil.
La décision arménienne de ne pas donner suite à la requête implicite de Moscou survient dans un climat de distanciation entre les deux alliés traditionnels. Depuis le conflit du Haut-Karabakh et l’invasion de l’Ukraine, Erevan cherche à diversifier ses partenariats et à ménager sa souveraineté judiciaire. Pour les milieux des droits de l’homme européens et les cercles d’exilés russes, ce refus d’extradition illustre la réticence croissante de l’Arménie à servir de bras séculier aux poursuites politiques lancées par la Russie. Du côté brésilien, l’affaire met en lumière la précarité des scientifiques de renom, salariés d’une institution de premier plan mais exposés à la vindicte de leur pays d’origine pour des opinions exprimées en ligne.
Une fois les formalités levées, Mikhaïl Verbitski pourrait rester en Arménie, devenue une destination pour de nombreux opposants russes, ou regagner le Brésil, où il bénéficie d’un contrat et d’un environnement académique protecteur. La menace d’une nouvelle arrestation lors de futurs déplacements persiste néanmoins, tant que Moscou maintient ses accusations. L’épisode confirme une tendance : les États qui souhaitent préserver leur autonomie diplomatique, comme l’Arménie, deviennent des refuges conditionnels pour les intellectuels poursuivis par le Kremlin, mais le risque de gel administratif ou d’un revirement politique demeure.
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Les autorités arméniennes ont arrêté le mathématicien Mikhail Verbitsky à l’aéroport sur la base d’un mandat russe pour propagande terroriste. Les défenseurs des droits humains affirment toutefois qu’il ne sera pas extradé vers la Russie et sera libéré prochainement, une fois les formalités judiciaires achevées.
Le mathématicien et blogueur Mikhaïl Verbitsky, inscrit sur la liste russe des terroristes et extrémistes, a été interpellé à l’aéroport d’Erevan. Il fait l’objet en Russie de poursuites pénales pour appels publics au terrorisme, engagées en novembre 2024 alors qu’il se trouvait à l’étranger.
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