
En Iran, des manifestations éclatent contre un accord de paix jugé trop conciliant avec Washington
Des dizaines d’Iraniens ont protesté dans plusieurs villes contre les négociations menées par le chef de la diplomatie, accusé de compromissions avec les États-Unis.
La perspective d’un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis suscite une vive opposition dans les rues iraniennes. Samedi 13 juin, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant une antenne du ministère des Affaires étrangères à Machhad, dans le nord-est du pays, pour dénoncer les négociations menées par le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi. Selon des images diffusées par l’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, des femmes en tchador noir ont scandé « mort à Araghchi, le déshonorant, l’infiltré » en agitant des drapeaux rouges et noirs. Des rassemblements similaires ont été signalés dans d’autres villes, notamment à Téhéran.
Ces protestations interviennent alors que les discussions entre Téhéran et Washington, sous la médiation du Pakistan, semblent sur le point d’aboutir. Le président américain Donald Trump a affirmé que l’accord serait signé dès dimanche, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères a reconnu dans une interview télévisée qu’un compromis n’avait « jamais été aussi proche ». Mais pour les factions dures iraniennes, cet accord représenterait une capitulation : elles estiment que les concessions faites par Araghchi ne servent pas les intérêts nationaux et affaiblissent la position de l’Iran sur la scène régionale.
Du côté des observateurs internationaux, l’inquiétude prédomine. En Europe, plusieurs chancelleries suivent de près l’évolution des négociations, craignant qu’un accord précipité ne fragilise davantage l’équilibre régional. Les médias francophones, notamment en Afrique et au Canada, relèvent que la contestation interne pourrait compromettre la ratification de l’accord par le Parlement iranien, où les conservateurs sont influents. La communauté internationale redoute également que les Gardiens de la révolution, qui contrôlent une partie de l’économie et des médias, n’utilisent ces manifestations pour torpiller le processus.
À ce stade, l’issue des négociations reste incertaine. Si les partisans de l’accord y voient une opportunité de désamorcer des décennies de tensions, les opposants, eux, dénoncent une « trahison » des principes de la révolution islamique. La rue iranienne, souvent silencieuse sur les questions diplomatiques, s’invite dans le débat, ajoutant une pression supplémentaire sur un gouvernement déjà fragilisé par les sanctions et la crise économique. L’avenir de cet accord dépendra désormais de la capacité des dirigeants iraniens à concilier les exigences de Washington avec les attentes d’une population divisée.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 2 langues
Les médias européens continentaux rapportent les manifestations en Iran contre le ministre des Affaires étrangères Araghchi pour les négociations de paix avec les États-Unis, soulignant la difficulté de vérifier l'authenticité des vidéos diffusées. Le ton est prudent, mettant l'accent sur le manque de confirmation indépendante et le contexte de tension interne.
Les médias indiens et sud-asiatiques mettent en lumière la colère des manifestants iraniens, accusant le ministre Araghchi d'avoir fait trop de concessions aux États-Unis. Le récit se concentre sur les accusations de 'compromis déshonorant' et sur la perception que l'accord ne protège pas les intérêts nationaux iraniens.
Articles liés
Mondial 2026 : l’Espagne tenue en échec par le Cap-Vert, une surprise historique
6 langues · 37 sources
ÉconomieLe Japon relève son taux directeur à 1 %, un sommet depuis 1995
8 langues · 17 sources
SportIran arrache le nul face à la Nouvelle-Zélande dans un Mondial sous tension géopolitique
5 langues · 24 sources