
Genève en ébullition avant le G7 : entre mobilisation citoyenne et dérive violente
Avant le sommet du G7 à Évian, une manifestation à Genève a dégénéré en heurts avec la police et en actes de vandalisme, rappelant les émeutes de 2003.
Dimanche 14 juin, veille de l’ouverture du sommet du G7 à Évian, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Genève à l’appel de la coalition « No G7 », fédérant plus de soixante organisations de gauche, syndicats et associations écologistes. Dénonçant pêle-mêle les inégalités économiques, l’impérialisme des grandes puissances, la crise climatique et la guerre à Gaza, les manifestants ont voulu offrir une « réponse internationale » aux politiques des sept démocraties les plus riches de la planète. Cette mobilisation fait écho aux violentes émeutes qui avaient secoué Genève en 2003, en marge du sommet du G8 organisé au même endroit ; un traumatisme qui a conduit les autorités et les commerçants à se barricader dès les jours précédents.
Si le cortège s’est d’abord ébranlé dans le calme depuis le parc Mon-Repos, l’ambiance s’est brutalement dégradée aux abords du quartier des Nations. Des groupes cagoulés, vêtus de noir, ont brisé des vitrines de banques, notamment celles de la Banque du Léman et de Raiffeisen, endommagé les bureaux de PricewaterhouseCoopers et visé le siège de l’Union internationale des télécommunications. Une voiture Tesla a été incendiée, symbole d’un capitalisme incarné par Elon Musk, devenu la première personne à franchir le cap des mille milliards de dollars de fortune personnelle, comme le rappelaient les manifestants. Face aux jets de pierres, de bouteilles et de pétards, les forces de l’ordre – déployées en nombre, avec près de 7 000 agents sur le terrain – ont riposté par du gaz lacrymogène et ont procédé à des interpellations ; des couteaux, haches et engins pyrotechniques ont été saisis.
En Suisse alémanique, la presse souligne le caractère disparate de la mobilisation, unie moins par un projet commun que par l’opposition à un ennemi partagé, tandis que les médias américains relèvent le poids symbolique de la participation annoncée de Donald Trump au sommet, attisant la colère des manifestants. Du côté arabe, on insiste sur l’internationalisation de la contestation, qui transcende les frontières géographiques et culturelles pour dénoncer un ordre mondial jugé injuste. Les agences italiennes et espagnoles rapportent l’inquiétude des autorités face à une possible répétition du scénario de 2003, quand les dégradations avaient coûté plusieurs millions de dollars et durablement marqué la cité lémanique.
L’ampleur du dispositif sécuritaire reflète cette crainte : la ville a investi plus de 25 millions de dollars dans la protection des biens et des personnes, mobilisant également 4 000 soldats. Des artères entières, y compris les plus luxueuses, comme la rue du Rhône où enseignes Cartier et Dior ont été calfeutrées sous des panneaux de bois, portent les stigmates d’une économie locale mise à l’arrêt. Pour de nombreux Genevois, cette atmosphère de siège ravive un traumatisme ; certains avouent ne pas avoir quitté leur domicile de la journée, tandis que les commerçants, échaudés par les précédents, ont préféré se barricader préventivement.
Alors que le sommet du G7 s’ouvre ce lundi 15 juin dans la station thermale française, avec un agenda centré sur la sécurité économique et la compétition technologique, la protestation genevoise risque de rester un épiphénomène médiatique, mais elle rappelle la vitalité d’un mouvement altermondialiste qui, depuis Seattle en 1999, fait entendre sa critique radicale de la mondialisation néolibérale. Dans un contexte de défiance croissante envers les institutions multilatérales, la répétition de telles mobilisations, à chaque grand rendez-vous diplomatique, pourrait infléchir – ou du moins interpeller – les dirigeants sur la nécessité d’articuler davantage leurs décisions avec les aspirations populaires.
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Une manifestation massive anti-G7 à Genève a dégénéré en chaos violent lorsque des manifestants masqués ont incendié une Tesla, brisé les vitres d'un bureau de l'ONU et jeté des projectiles sur la police, qui a répliqué par des gaz lacrymogènes. Les troubles, motivés par un sentiment anticapitaliste et anti-Trump, ont assombri la veille du sommet d'Évian, où les dirigeants devaient discuter de l'Iran et de l'Ukraine. Les autorités se préparaient à de nouveaux affrontements alors que le G7 s'ouvrait sous haute tension.
Des milliers de personnes ont défilé à Genève contre le sommet du G7, d'abord dans une ambiance festive avec chants, danses et banderoles dénonçant l'impérialisme et soutenant la Palestine. La manifestation a ensuite connu des heurts violents lorsque certains protestataires ont jeté des pierres et des feux d'artifice sur la police, qui a répliqué par des gaz lacrymogènes, tandis qu'une Tesla était incendiée et des vitres de l'ONU brisées. Malgré les troubles, les organisateurs ont souligné les intentions pacifiques de la large coalition de groupes féministes, pacifistes et pro-palestiniens.
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