
Emploi au plus haut, salaires au plus bas : le paradoxe des marchés du travail en 2026
L’OCDE enregistre un niveau d’emploi record et un chômage historiquement bas, mais les salaires réels restent inférieurs à ceux de 2021 dans un tiers des économies membres, tandis que l’intelligence artificielle ne provoque pas encore de destructions massives d’emplois.
Les marchés du travail des pays de l’OCDE affichent une résilience inédite, avec un emploi total atteignant 670 millions de personnes en mai 2026 et un taux de chômage stabilisé à 4,9 %, proche de son plus bas historique. Pourtant, cette vigueur quantitative masque une érosion persistante du pouvoir d’achat : dans environ un tiers des économies membres, les salaires réels n’ont pas retrouvé leur niveau du premier trimestre 2021. Le nouveau choc des prix de l’énergie, consécutif aux tensions géopolitiques, devrait accentuer cette pression, l’OCDE anticipant une contraction des salaires réels de 0,9 % en 2026 dans la zone, suivie d’une hausse marginale de 0,2 % en 2027.
L’Italie illustre ce décalage de manière aiguë. Si le taux d’emploi y a atteint un record de 62,8 %, il reste inférieur de plus de 9 points à la moyenne de l’OCDE, un écart concentré parmi les femmes et les jeunes. Surtout, les salaires réels y accusent un retard de 6,1 % par rapport à début 2021, le plus important parmi les grandes économies de l’organisation. La croissance de l’emploi, portée en partie par la construction et le tourisme, ralentit, tandis que les disparités territoriales se creusent : dans les provinces les plus fragiles, le taux de chômage est quatre fois supérieur à celui des zones les plus dynamiques, contre un rapport de deux en moyenne dans l’OCDE. La mobilité interne, qui draine les profils les plus qualifiés, renforce ces inégalités plutôt que de les réduire.
En Argentine, la stabilisation macroéconomique n’a pas enrayé la fragilité du marché du travail. Le chômage s’établit à 7,8 %, mais la sous-occupation – les personnes souhaitant travailler davantage – a grimpé à 11,1 %, portant la pression globale sur l’emploi à 23,6 % de la population active. Les disparités provinciales y sont également marquées, certaines régions cumulant forte pression et faible participation, tandis que d’autres, comme Córdoba, voient une part importante des actifs contrainte de chercher un second emploi pour compléter leurs revenus.
L’intelligence artificielle, source d’inquiétude croissante, ne provoque pas encore de bouleversement massif. Un rapport du gouvernement australien montre que l’emploi dans les professions les plus exposées à l’IA a progressé de 5,6 % depuis fin 2022, contre 9,5 % pour les moins exposées, sans preuve définitive d’un lien de causalité. Les suppressions de postes dans la tech restent limitées, et l’emploi des jeunes diplômés résiste. Les analyses de la Deutsche Bank rappellent que, historiquement, les innovations technologiques n’ont pas détruit l’emploi global, mais que les gains de productivité mettront des années à se matérialiser pleinement.
La prochaine étape à surveiller sera la capacité des politiques publiques à transformer la résilience quantitative en progrès qualitatif. L’OCDE appelle à des investissements ciblés dans l’éducation, la formation et les infrastructures locales pour réduire les fractures territoriales et accélérer la diffusion des gains de productivité, alors que les tensions inflationnistes liées à l’énergie menacent d’effacer les fragiles avancées salariales.
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.80 | critical |
| Presse russe et CEI | +0.70 | aligned |
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
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