
El Niño se consolide : le Pérou en état d'urgence, l'Amérique latine en alerte
Pluies torrentielles au Pérou, risques de sécheresse en Colombie et au Brésil, et menaces sur la santé et l'énergie : le phénomène climatique s'annonce intense.
La confirmation par l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) de l'installation d'El Niño a été suivie d'une réponse immédiate au Pérou : le gouvernement a décrété l'état d'urgence dans 796 districts, soit 40 % du pays, pour une durée de 60 jours. Les fortes pluies attendues sur la côte et les Andes font craindre une répétition du « Niño costero » de 2017, qui avait causé 162 morts et des pertes équivalentes à 2 % du PIB.
Le réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial modifie la circulation atmosphérique mondiale, avec des conséquences opposées selon les régions. Une étude parue dans Atmospheric and Oceanic Science Letters, portant sur la période 2000-2023, montre que les concentrations de particules fines (PM2,5) issues des incendies de biomasse augmentent de 49 % à 116 % en Amérique du Nord, de 17 % à 42 % en Australie et de 27 % à 71 % en Indonésie durant les épisodes El Niño. En 2015, les feux indonésiens avaient affecté 43 millions de personnes. En Colombie, l'Institut d'hydrologie, météorologie et études environnementales (Ideam) met en garde contre une dégradation ponctuelle de la qualité de l'air liée aux incendies, favorisés par la sécheresse.
Les répercussions économiques et énergétiques se précisent. En Colombie, dix départements sont classés à haut risque de conditions sèches. Le gestionnaire du barrage d'Hidroituango propose d'avancer les horloges d'une heure pour économiser 2 % de la consommation nationale d'électricité et réclame une table ronde urgente avant l'entrée en fonction du nouveau gouvernement le 7 août. Au Brésil, la banque Santander anticipe des effets gérables sur la macroéconomie, mais une dispersion des profits : favorables aux boissons et aux services publics, défavorables à l'agroalimentaire et au crédit rural. L'État de Rio de Janeiro active ses plans de contingence face à un risque accru d'incendies, de vagues de chaleur et de pluies intenses. En Uruguay, un météorologue de l'Institut national de météorologie juge qu'il est « trop tard pour se préparer » et appelle à renforcer les stratégies d'adaptation.
Les projections internationales indiquent une probabilité de 96 % que le phénomène se consolide d'ici l'été austral 2026-2027, avec un renforcement attendu au second semestre 2026. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la coordination des mesures préventives, de la gestion de l'eau dans les Andes à la protection des cultures au Brésil, alors que les économies de la région restent très exposées aux aléas climatiques.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 2 langues
Le phénomène El Niño s'intensifie et menace directement l'Amérique latine. Les gouvernements se mobilisent : le Pérou déclare l'état d'urgence sur 40 % de son territoire, tandis que le Brésil évalue les risques pour l'agriculture et les services publics. Les scientifiques préviennent qu'il est déjà trop tard pour se préparer à un Super Niño qui apportera inondations, sécheresses et vagues de chaleur.
Les océans viennent de battre un record inquiétant, absorbant les péchés climatiques de l'humanité et surchauffant désormais à des niveaux sans précédent. La température de surface de la mer a dépassé les pics extraordinaires de 2023 et 2024, faisant craindre un été de chaleur extrême et un El Niño incontrôlable. C'est un signe de plus que la crise climatique s'accélère, avec des conséquences mondiales toujours plus graves.
Élargis ton regard
Trump étrenne un Air Force One offert par le Qatar, entre célébration patriotique et controverse éthique
10 langues · 26 sources
Depuis Economy & MarketsOpenAI propose à Washington une participation de 5 % pour partager la rente de l’IA
7 langues · 15 sources
Depuis TechnologyL’Inde bloque le déploiement des pseudonymes WhatsApp par crainte de fraudes
4 langues · 10 sources