
Super El Niño en vue : la planète face à des bouleversements climatiques en cascade
Les modèles confirment un El Niño d’une intensité record, qui pourrait persister jusqu’en 2027, menaçant agriculture, systèmes électriques et la santé de plus d’un milliard d’enfants.
L’annonce a résonné comme un double avertissement. D’un côté, les agences météorologiques américaine (NOAA) et australienne (BoM) confirment l’installation d’un El Niño dans le Pacifique tropical, que les modèles de prévision qualifient de « super » événement, comparable à celui de 1997-1998. Les projections du North American Multi-Model Ensemble suggèrent même que les eaux anormalement chaudes pourraient se maintenir jusqu’en 2027, bouleversant les régimes de mousson et les températures mondiales. De l’autre, l’UNICEF publiait le même jour un rapport alarmant : 1,1 milliard d’enfants – près de la moitié de la population infantile mondiale – sont exposés à au moins trois risques climatiques simultanés, sécheresses, vagues de chaleur et inondations en tête. Cette coïncidence souligne l’urgence d’une crise où les plus vulnérables subissent de plein fouet les soubresauts d’un climat déréglé.
En Amérique du Sud, les répercussions s’annoncent asymétriques. Au Brésil, l’Opérateur national du système électrique (ONS) a déjà commencé à économiser l’eau des réservoirs du Sud et d’Itaipu pour parer à une sécheresse redoutée dans le Nord, où les mégabarrages de Belo Monte, Jirau et Santo Antônio assurent la puissance lors des pointes de consommation. Un récent appel d’offres pour des capacités de réserve, bien que validé par le Tribunal des comptes de l’Union, s’est révélé insuffisant face à l’intermittence croissante des renouvelables ; le recours au stockage par batteries est désormais envisagé. En Argentine, le service météorologique national table sur un hiver 2026 plus doux que la moyenne, mais n’exclut pas des irruptions d’air froid. La Colombie, elle, surveille Medellín, classée parmi les métropoles les plus exposées aux canicules, et attend un pic d’intensité du phénomène entre novembre 2026 et janvier 2027.
L’Asie du Sud et l’Océanie ne sont pas épargnées. Les prévisions indiquent qu’El Niño pourrait perturber la mousson indienne et aggraver les extrêmes météorologiques jusqu’en 2027, faisant craindre des sécheresses sévères et des inondations au Bangladesh. En Australie, le Bureau de météorologie associe l’événement à une réduction des pluies hivernales et printanières, augmentant le risque de feux de brousse. Les cultures tropicales dites « soft commodities » – cacao, café, sucre – sont particulièrement exposées, ce qui pourrait raviver la volatilité des prix sur les marchés internationaux et affecter les producteurs d’Afrique de l’Ouest comme d’Amérique latine.
Face à ce tableau, la planification devient cruciale. Le développement graduel d’El Niño offre une fenêtre d’action, soulignent les experts onusiens, mais les réponses restent fragmentées. Au Brésil, l’ONS mise sur une gestion prudente des stocks hydriques, tandis que les leçons du dernier appel d’offres appellent à réformer les mécanismes de capacité pour intégrer davantage de flexibilité. Plus largement, le rapport de l’UNICEF rappelle que les enfants paient un tribut disproportionné : leur organisme en développement supporte mal les stress thermiques et hydriques, et les chocs climatiques répétés compromettent leur accès à l’eau, à l’alimentation et à l’éducation. Alors que le phénomène El Niño-Oscillation australe entre dans une phase potentiellement historique, la communauté internationale se trouve confrontée à un test grandeur nature de sa capacité à anticiper les crises en cascade.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 6 langues
Les images satellite confirment la formation d'un Super El Niño, avec une probabilité de 90 % d'impacts sévères. Au Brésil, les autorités alertent sur des conditions météorologiques extrêmes et une hausse des factures d'électricité due au recours aux centrales thermiques, tandis que Fitch prévient que les pays vulnérables sont exposés à des chocs économiques accrus. La province argentine d'Entre Ríos se prépare à des effets d'une intensité inhabituelle.
Le Bureau of Meteorology australien a officiellement déclaré un El Niño très fort, potentiellement le plus puissant jamais enregistré, augmentant le risque de sécheresse, de vagues de chaleur et de feux de brousse. L'événement devrait perturber les régimes météorologiques mondiaux et entraîner des conditions parmi les plus chaudes et les plus sèches de l'histoire moderne du pays.
Articles liés
Mondial 2026 : le Mexique premier qualifié pour les 16es de finale après un succès laborieux contre la Corée du Sud
10 langues · 43 sources
SportTriomphe historique du Canada, assombri par une fracture terrible
10 langues · 40 sources
Géopolitique et politiqueVance somme Israël de « se réveiller » : l’allié américain menace de se détourner
11 langues · 27 sources