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Sciences & Santémercredi 1 juillet 2026

La tyrannie de l’optimisation : quand mesurer sa vie nourrit l’anxiété

Une enquête menée aux Émirats arabes unis révèle que plus de la moitié des parents estiment que le suivi constant de leur sommeil, de leur activité physique et de leur productivité aggrave leur anxiété, et non leur bien-être.

Le constat est aussi chiffré qu’implacable : selon une étude menée par Nord Anglia Education auprès de plus de 500 parents aux Émirats arabes unis, 53 % des personnes interrogées jugent que le fait de mesurer et d’optimiser en permanence des aspects de leur vie – sommeil, exercice, productivité – accroît leur anxiété. Seuls 8 % y voient un facteur de bonheur. Ce paradoxe, mis en lumière par la presse anglophone de la région, illustre un basculement plus large : la promesse d’un mieux-être par la quantification de l’existence semble, pour une part croissante de la population, produire l’effet inverse.

Ce phénomène ne se limite pas à la péninsule Arabique. En Amérique du Nord, des psychologues observent que des comportements souvent étiquetés comme de la « paresse » – procrastination, retrait social, difficulté à se concentrer – constituent en réalité des signes d’épuisement émotionnel, une composante centrale du burnout. La presse indonésienne relaie des analyses similaires : le besoin de bruit de fond pour se concentrer, loin d’être une simple excentricité, serait corrélé à une sensibilité sensorielle élevée et à une difficulté à faire taire un flux mental incessant. Parallèlement, la quête d’une performance physique rapide pousse des hommes jeunes, au Kenya comme au Brésil, à recourir à la testostérone sans indication médicale, au mépris des risques cardiovasculaires et de l’infertilité, alertent les urologues.

La sphère du logement offre un autre révélateur de cette pression diffuse. Au Québec, une coalition de plus de 120 organisations syndicales, communautaires et étudiantes a manifesté pour réclamer un contrôle des loyers et l’inscription du droit au logement dans la Charte des droits et libertés, dénonçant une hausse moyenne des loyers de 60 % depuis 2018. En Australie, des femmes victimes de violences domestiques et des travailleurs précaires se tournent vers des bateaux délabrés pour échapper à la rue, tandis que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud durcissent la réglementation interdisant d’y vivre à l’année. Ces situations, rapportées par les médias francophones et anglophones, montrent que l’insécurité résidentielle agit comme un facteur de stress chronique qui sape toute tentative d’équilibre personnel.

Face à cette toile de fond, des voix s’élèvent pour rappeler que le bien-être ne se décrète pas par la mesure. La psychologie clinique, citée dans la presse argentine et espagnole, insiste sur la nécessité de distinguer la tristesse passagère de l’épuisement structurel, et de reconnaître que pleurer au travail ou ne pas parvenir à pleurer du tout ne sont pas des défaillances morales mais des signaux à interpréter. Le marché des objets connectés de santé, lui, continue sa progression : il devrait atteindre 280 milliards de dollars d’ici 2030, selon les projections relayées par la presse économique. La question n’est donc plus de savoir si nous pouvons tout mesurer, mais si nous saurons collectivement redonner une place à ce qui échappe à la quantification.

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mercredi 1 juillet 2026

La tyrannie de l’optimisation : quand mesurer sa vie nourrit l’anxiété

Une enquête menée aux Émirats arabes unis révèle que plus de la moitié des parents estiment que le suivi constant de leur sommeil, de leur activité physique et de leur productivité aggrave leur anxiété, et non leur bien-être.

Le constat est aussi chiffré qu’implacable : selon une étude menée par Nord Anglia Education auprès de plus de 500 parents aux Émirats arabes unis, 53 % des personnes interrogées jugent que le fait de mesurer et d’optimiser en permanence des aspects de leur vie – sommeil, exercice, productivité – accroît leur anxiété. Seuls 8 % y voient un facteur de bonheur. Ce paradoxe, mis en lumière par la presse anglophone de la région, illustre un basculement plus large : la promesse d’un mieux-être par la quantification de l’existence semble, pour une part croissante de la population, produire l’effet inverse.

Ce phénomène ne se limite pas à la péninsule Arabique. En Amérique du Nord, des psychologues observent que des comportements souvent étiquetés comme de la « paresse » – procrastination, retrait social, difficulté à se concentrer – constituent en réalité des signes d’épuisement émotionnel, une composante centrale du burnout. La presse indonésienne relaie des analyses similaires : le besoin de bruit de fond pour se concentrer, loin d’être une simple excentricité, serait corrélé à une sensibilité sensorielle élevée et à une difficulté à faire taire un flux mental incessant. Parallèlement, la quête d’une performance physique rapide pousse des hommes jeunes, au Kenya comme au Brésil, à recourir à la testostérone sans indication médicale, au mépris des risques cardiovasculaires et de l’infertilité, alertent les urologues.

La sphère du logement offre un autre révélateur de cette pression diffuse. Au Québec, une coalition de plus de 120 organisations syndicales, communautaires et étudiantes a manifesté pour réclamer un contrôle des loyers et l’inscription du droit au logement dans la Charte des droits et libertés, dénonçant une hausse moyenne des loyers de 60 % depuis 2018. En Australie, des femmes victimes de violences domestiques et des travailleurs précaires se tournent vers des bateaux délabrés pour échapper à la rue, tandis que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud durcissent la réglementation interdisant d’y vivre à l’année. Ces situations, rapportées par les médias francophones et anglophones, montrent que l’insécurité résidentielle agit comme un facteur de stress chronique qui sape toute tentative d’équilibre personnel.

Face à cette toile de fond, des voix s’élèvent pour rappeler que le bien-être ne se décrète pas par la mesure. La psychologie clinique, citée dans la presse argentine et espagnole, insiste sur la nécessité de distinguer la tristesse passagère de l’épuisement structurel, et de reconnaître que pleurer au travail ou ne pas parvenir à pleurer du tout ne sont pas des défaillances morales mais des signaux à interpréter. Le marché des objets connectés de santé, lui, continue sa progression : il devrait atteindre 280 milliards de dollars d’ici 2030, selon les projections relayées par la presse économique. La question n’est donc plus de savoir si nous pouvons tout mesurer, mais si nous saurons collectivement redonner une place à ce qui échappe à la quantification.

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